Par La Rédaction | Lementor.net
Ce vendredi 14 août 2026, les Forces armées de Côte d’Ivoire inhumaient au cimetière de Williamsville à Abidjan-Adjamé le Général de Division Dem Aly Justin, Chef d’État-Major Général des Armées Adjoint décédé le 31 juillet à Abidjan des suites d’un malaise. Deux semaines d’obsèques nationales étalées avec le protocole que mérite le rang du défunt. Une institution militaire qui dit adieu à son numéro deux dans la dignité et la solennité que ses fonctions commandaient.
Le programme des obsèques avait été communiqué par l’État-Major Général des Armées le 9 août. Les cérémonies avaient débuté le dimanche 9 août. Le mercredi 12 août, une cérémonie d’hommage s’était tenue à l’Hôtel des Armées au camp Gallieni au Plateau, rassemblant les officiers supérieurs, les responsables politiques et les personnalités civiles venues saluer la mémoire de l’officier général. Le jeudi 13 août, la levée du corps avait eu lieu à Ivosep à Treichville, suivie d’un piquet d’honneur à l’État-Major Général des Armées. Ce vendredi 14 août, une cérémonie d’honneur militaire précédait l’inhumation à Williamsville. Le dimanche 16 août, une messe d’action de grâce sera célébrée à la paroisse Sainte Thérèse de Marcory pour ceux qui souhaitent lui rendre un dernier hommage religieux. Une cérémonie de sacrifice musulman dite petits sacrifices avait également été prévue ce vendredi à la Grande Mosquée de la Riviera Golf, témoignant de la double appartenance religieuse d’un homme que son institution entendait honorer dans toutes ses dimensions.
Ce protocole étalé sur six jours dit le rang que les FACI accordent à leurs officiers généraux et la solennité qu’elles entendent donner à leurs départs. Un Chef d’État-Major Général Adjoint est le deuxième personnage de la hiérarchie militaire ivoirienne. Sa mort soudaine le 31 juillet à la Polyclinique Farah d’Abidjan, des suites d’un malaise, avait frappé une institution déjà éprouvée par la perte d’un militaire de l’Armée de l’air lors d’un exercice de saut en parachute à Yamoussoukro quelques jours plus tôt. Et deux semaines après, le colonel Karim Traoré, commandant de la Section de recherches de la gendarmerie de Daloa, s’éteignait lui aussi après un malaise cardiaque survenu lors d’une séance de sport. Trois officiers en moins de trois semaines. Un deuil répété qui dit la fragilité humaine derrière les uniformes et les galons.
Le Général Dem Aly Justin occupait depuis plusieurs années les fonctions de Chef d’État-Major Adjoint après avoir été Chef d’État-Major de l’Armée de terre. En plus de ces responsabilités opérationnelles, il présidait depuis plusieurs années avec rigueur et engagement le comité d’organisation du défilé militaire du 7 août. Cette année encore, il avait préparé le défilé de Yopougon qui s’est tenu le 7 août 2026, quelques jours après sa mort. Le défilé qu’il avait organisé s’est donc tenu sans lui. Les 5 423 éléments des Forces de défense et de sécurité qui avaient défilé sur le boulevard de la Solidarité sous le regard du président Ouattara, les blindés VN22B, les missiles Kornet-E, les fusils anti-drone NEROD RF qu’il avait contribué à mettre en scène : tout cela était son œuvre. Son dernier service rendu à l’institution qu’il avait servie jusqu’à son dernier souffle.
Le vice-Premier ministre, ministre de la Défense, Téné Birahima Ouattara avait exprimé sa profonde tristesse à l’annonce du décès. Le chef d’État-Major Général des Armées, le général d’armée Lassina Doumbia, qui avait inspecté la garnison de Daloa le 10 avril en présence du colonel Fofié Kouakou, avait lui aussi rendu hommage à son adjoint. Ces deux hommages institutionnels disent ce que les communiqués militaires ne disent jamais assez clairement : la perte d’un officier de ce rang n’est pas seulement la perte d’un fonctionnaire en uniforme. C’est la perte d’une mémoire institutionnelle, d’un réseau de relations, d’une compétence accumulée sur des décennies de service que nulle nomination ne peut instantanément remplacer.
Au cimetière de Williamsville ce vendredi, les honneurs militaires rendus au Général Dem Aly Justin disaient ce que les FACI doivent à ceux qui les ont servies en silence, dans les garnisons et les états-majors, loin des projecteurs que les champs de bataille attirent parfois. Ceux-là méritent d’être nommés. Et nommés avec la précision que leur rang commande.
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