Par La Rédaction | Lementor.net
Jeudi 9 juillet 2026, peu avant 8 heures 30, un convoi des Forces armées maliennes d’environ soixante véhicules, transportant soldats, éléments de l’Africa Corps russe et matériel de guerre, a été pris en embuscade dans la zone de Tin Araban, à une dizaine de kilomètres de Tabankort et à moins de cent kilomètres d’Anéfis. Le FLA et le JNIM ont revendiqué l’attaque. Les affrontements se sont poursuivis pendant plusieurs heures. Le bilan reste inconnu, les deux parties revendiquant des destructions de matériel adverse sans que des sources indépendantes puissent confirmer quoi que ce soit.
Cette attaque dit une chose précise sur l’état de la guerre au Mali. Un convoi de soixante véhicules parti de Gao le mardi 7 juillet pour rejoindre Anéfis, soit moins de trois cents kilomètres, n’a pas réussi à atteindre sa destination en deux jours. Il a été stoppé à moins de cent kilomètres de son objectif par une embuscade que les groupes armés avaient visiblement planifiée en connaissant ses mouvements, sa composition et son itinéraire. Ce niveau de renseignement tactique du FLA et du JNIM sur les mouvements de l’armée malienne et de l’Africa Corps est l’un des éléments les plus préoccupants de la situation sécuritaire actuelle.
Anéfis reste le verrou stratégique central de cette offensive. La junte affirmait le 8 juillet que des blindés maliens étaient sortis du camp et que les combattants jihadistes avaient reculé sous l’effet des bombardements. Le FLA répondait que ce mouvement correspondait à une manœuvre visant à concentrer les forces contre le convoi plutôt qu’à une reprise de contrôle réelle de la ville. La vérité tactique sur le terrain reste indéterminable depuis l’extérieur. Ce qui est déterminable, c’est que si l’armée malienne avait réellement repris Anéfis, elle n’aurait pas eu besoin d’envoyer un convoi de soixante véhicules pour la soutenir trois jours plus tard.
Cette séquence illustre parfaitement la logique de l’attrition dans laquelle la junte est prise. Chaque offensive militaire des FAMa et de l’Africa Corps nécessite des convois de ravitaillement qui sont des cibles. Chaque convoi qui échoue ou qui est détruit affaiblit la capacité de projection de la junte. Chaque affaiblissement de la capacité de projection réduit les chances de reprendre les positions perdues. Et chaque position non reprise devient une base pour la prochaine offensive. La boucle est vicieuse et elle tourne dans le mauvais sens pour Bamako.
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