Par La Rédaction | Lementor.net
En marge du Forum ministériel africain sur les minéraux critiques organisé les 10 et 11 juillet 2026 à Abidjan, la Banque africaine de développement a lancé un appel qui résume en une phrase l’enjeu stratégique du moment pour l’Afrique : transformer ses minéraux critiques en moteur de développement économique, pas en simple matière première exportée.
Le timing de cette déclaration n’est pas anodin. Elle intervient dans une semaine où Abidjan a accueilli simultanément le Groupe consultatif international pour le financement du PND 2026-2030 qui a mobilisé 47 820 milliards de FCFA en engagements et ce Forum sur les minéraux critiques. La conjonction de ces deux événements dit que la Côte d’Ivoire a compris quelque chose que peu de pays africains ont encore traduit en stratégie cohérente : les minéraux critiques ne sont plus seulement une ressource à extraire. Ils sont le cœur d’une recomposition géopolitique mondiale dans laquelle l’Afrique peut soit continuer à être un fournisseur de matières premières soit devenir un acteur de la chaîne de valeur.
Les minéraux critiques, lithium, cobalt, manganèse, nickel, cuivre, graphite et terres rares, sont les composants indispensables de la transition énergétique mondiale. Batteries de véhicules électriques, panneaux solaires, éoliennes, appareils électroniques : toutes ces technologies qui définissent l’économie de demain sont dépendantes de minéraux dont l’Afrique détient une part très significative des réserves mondiales. La République démocratique du Congo possède plus de 70 % des réserves mondiales de cobalt. Le Zimbabwe est l’un des principaux producteurs de lithium. Le Gabon contrôle une part importante des réserves de manganèse. Et la Côte d’Ivoire, avec son secteur aurifère en expansion et ses nouvelles découvertes dans les secteurs pétrolier et gazier, se positionne comme l’un des hubs d’extraction et de transformation de la sous-région.
Ce que la BAD dit avec force dans ce contexte, c’est que l’Afrique ne peut pas se permettre de reproduire avec les minéraux critiques le modèle d’extraction pure qu’elle a appliqué pendant des décennies avec le cacao, le caoutchouc, le pétrole brut et les autres matières premières. Exporter du lithium brut pour que des usines chinoises, américaines ou européennes le transforment en batteries, puis importer ces batteries à prix fort : cette équation appauvrit l’Afrique tout en enrichissant ceux qui la transforment. La transformation locale des minéraux critiques, la construction d’usines de raffinage, de traitement et d’assemblage sur le sol africain, est la condition sine qua non pour que la révolution des énergies propres profite aux populations africaines plutôt qu’à leurs seuls fournisseurs de technologie.
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