Par AN | Lementor.net
Neuf civils, dont quatre enfants, ont été tués le 10 juillet lors d’une opération menée par des combattants russes d’Africa Corps, accompagnés de militaires maliens, dans le village de Bombori, dans la région de Mopti, selon un rapport publié jeudi par Human Rights Watch (HRW).
D’après l’organisation de défense des droits humains, l’intervention dans ce village à majorité peule aurait également été marquée par des violences contre les habitants, des pillages ainsi que l’incendie de plusieurs habitations.
Dans son rapport, HRW affirme avoir recueilli des témoignages faisant état de dizaines de personnes battues au cours de l’opération. Parmi les victimes mortelles figureraient notamment des enfants, dont le plus jeune aurait eu six ans.
Selon les éléments recueillis par l’ONG, plus d’une centaine de membres d’Africa Corps participaient à l’opération, tandis que seuls trois ou quatre soldats maliens étaient présents. Ces derniers auraient essentiellement servi d’interprètes.
Cette configuration soulève, selon Ilaria Allegrozzi, chercheuse à HRW et auteure du rapport, des interrogations sur la chaîne de commandement et la responsabilité des différents acteurs impliqués dans les violences. L’ONG estime ainsi nécessaire de déterminer précisément qui a ordonné l’opération et qui a participé aux exactions rapportées.
Par ailleurs, l’intervention aurait eu pour objectif d’obtenir des renseignements sur le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim), affilié à Al-Qaïda. Des habitants interrogés par HRW affirment que le groupe armé exerçait son influence sur Bombori depuis plusieurs années.
Cependant, selon le rapport, aucun combattant du Jnim ne se trouvait dans le village au moment de l’intervention d’Africa Corps.
HRW estime que ces faits illustrent une situation récurrente dans le centre du Mali, où les populations civiles se retrouvent exposées à la fois aux exactions des groupes armés jihadistes et aux violences attribuées aux forces engagées dans la lutte contre ces groupes.
L’organisation appelle ainsi à faire la lumière sur les circonstances de la mort des neuf civils et à établir les responsabilités liées aux violences commises lors de cette opération.
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