Par La Rédaction | Lementor.net
Il y a des rendez-vous qui comptent plus que d’autres dans la construction de l’image économique d’un pays. VivaTech, le salon international de la technologie et de l’innovation qui se tient chaque année à Paris, est de ceux-là. Depuis sa création en 2016, il est devenu le plus grand événement technologique d’Europe et l’un des plus influents au monde, réunissant chaque année des centaines de startups, des milliers d’investisseurs et des dizaines de délégations gouvernementales venues présenter leurs écosystèmes numériques à une audience de décideurs qui ont les moyens de transformer des présentations en financements.
Cette année, du 17 au 19 juin 2026, la Côte d’Ivoire a choisi d’y être présente avec une délégation de haut niveau conduite par deux membres du gouvernement. Ce choix dit quelque chose sur les priorités que le pays s’est fixées dans sa course vers l’émergence numérique. La présence à VivaTech n’est pas un acte de communication. C’est une déclaration d’ambition : la Côte d’Ivoire veut être regardée comme une destination technologique sérieuse, capable d’attirer les investissements dans le numérique, de former ses talents et de produire des solutions innovantes qui rayonnent au-delà de ses frontières.
VivaTech 2026 présente une architecture en trois dimensions qui explique son attractivité pour les pays africains en quête de visibilité internationale. La première est celle de l’exposition : des milliers de mètres carrés de stands où startups, entreprises technologiques et délégations nationales présentent leurs innovations à des visiteurs venus de cent vingt pays. La deuxième est celle de la mise en relation : des espaces de rencontre organisés entre investisseurs, entrepreneurs et représentants institutionnels, dont les conversations informelles valent parfois plus que des mois de prospection classique. La troisième est celle de la prescription : les médias économiques et technologiques internationaux couvrent l’événement massivement, et la visibilité obtenue pendant ces quatre jours peut modifier durablement la perception d’un pays dans les milieux d’affaires mondiaux.
Pour la Côte d’Ivoire, l’enjeu de VivaTech 2026 est d’autant plus important que le pays arrive à Paris dans une séquence favorable. Le Plan national de développement 2026-2030 place explicitement la transition numérique parmi ses priorités structurelles. La Zone franche technologique de Grand-Bassam, le VITIB, continue d’attirer des entreprises technologiques étrangères. Le programme Éducation numérique, déployé en partenariat avec Huawei, a équipé des centaines d’établissements scolaires et formé des dizaines de milliers d’élèves. Et Abidjan, reconnue depuis plusieurs années comme l’une des capitales technologiques de l’Afrique francophone, dispose d’un écosystème de startups dont la maturité et la diversité progressent visiblement.
Le message que la délégation ivoirienne porte à Paris est structuré autour de plusieurs axes complémentaires. Le premier est celui de l’attractivité pour les investisseurs : la Côte d’Ivoire offre un cadre réglementaire stable, des incitations fiscales dans les zones technologiques, une population jeune et de plus en plus connectée, et une position de hub régional qui permet de toucher depuis Abidjan un marché de plusieurs centaines de millions de consommateurs dans la sous-région. Le deuxième est celui du partenariat industriel : les entreprises technologiques françaises et européennes qui cherchent à s’installer en Afrique subsaharienne trouvent dans la Côte d’Ivoire un environnement plus familier linguistiquement, culturellement et institutionnellement que beaucoup d’autres marchés africains. Le troisième est celui de la co-construction : la Côte d’Ivoire ne cherche pas simplement des investisseurs qui apportent du capital. Elle cherche des partenaires qui apportent aussi des compétences, des transferts de technologie et des modèles qui permettent de former localement les talents de demain.
Ce groupe consultatif international prévu les 8 et 9 juillet à Abidjan, qui doit mobiliser les financements du PND 2026-2030, bénéficiera directement des connexions établies à VivaTech. Chaque conversation initiée à Paris avec un fonds d’investissement technologique, une entreprise française ou une institution européenne est une graine semée qui peut germer en engagement concret lors du grand rendez-vous de juillet. C’est le sens profond de cette présence ivoirienne au salon de la technologie parisien : construire, maillon par maillon, la crédibilité d’un pays qui veut exister dans l’économie numérique mondiale non pas comme un marché à conquérir mais comme un acteur à part entière.
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