Par AN-Lementor.net
À quelques jours du scrutin législatif du 27 décembre, une initiative locale de développement a tourné court dans la circonscription de Gbogué-Zaïbo, dans le Haut-Sassandra. En cause : un climat de tension politique ayant conduit à l’arrêt de travaux de réhabilitation routière à Kafanadougou, un campement enclavé de la zone.
Candidat indépendant dans cette circonscription, Stéphane Kipré affirme avoir suspendu les travaux après avoir été alerté par des habitants de menaces proférées à leur encontre, en lien avec sa présence sur le terrain.
Une route dégradée au cœur de la discorde
Selon le récit livré mardi 23 décembre sur les réseaux sociaux par l’ancien cadre du PPA-CI, les populations de Kafanadougou l’avaient reçu favorablement le week-end précédent. Elles lui auraient fait part de leur difficulté quotidienne à emprunter une route d’environ cinq kilomètres, impraticable depuis plusieurs années et jamais réhabilitée malgré de nombreuses sollicitations adressées aux autorités locales.
L’état de cette voie obligeait les riverains à parcourir plus de 15 kilomètres supplémentaires pour rallier les villages environnants, compliquant l’accès aux services essentiels.
Une initiative stoppée sous pression
Entrepreneur à la tête du groupe SK Global Investment Group, actif notamment dans le BTP, Stéphane Kipré dit avoir mobilisé ses moyens pour lancer, dès le dimanche, des travaux de réhabilitation du tronçon concerné.
Mais moins de 48 heures plus tard, le chantier a été interrompu. D’après le candidat, une délégation villageoise serait venue l’informer de pressions et d’intimidations exercées contre des habitants accusés d’avoir échangé avec lui.
« Pour éviter toute escalade et préserver la tranquillité des populations, j’ai pris la décision de retirer les engins », explique-t-il, évoquant une suspension contrainte des travaux.
Une dénonciation des « zones verrouillées »
Cette situation soulève de nombreuses interrogations sur fond de compétition électorale. Qui chercherait à empêcher l’exécution de travaux d’intérêt communautaire ? Pourquoi des initiatives locales deviennent-elles des sources de tension à l’approche des élections ?
Pour Stéphane Kipré, l’épisode illustre la persistance de pratiques politiques qu’il juge archaïques, où certaines zones seraient considérées comme des « territoires réservés », fermés à toute action extérieure susceptible de bousculer les équilibres établis.
Dans son message, il appelle à dépasser les clivages politiques, ethniques ou religieux, plaidant pour une approche du développement centrée exclusivement sur les besoins des populations.
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