Par La Rédaction | Lementor.net
Le Ghana devra composer sans Thomas Partey pour son entrée en lice dans la Coupe du monde 2026. Le milieu de terrain de 33 ans, qui évolue sous les couleurs de Villarreal en Espagne, ne sera pas autorisé à rejoindre le Canada pour affronter le Panama le 17 juin à Toronto. Les autorités canadiennes lui ont refusé l’entrée sur leur territoire. La FIFA a officialisé l’information le 12 juin, rappelant dans son communiqué que les questions relatives à l’octroi des visas relèvent exclusivement de la souveraineté des États hôtes et ne dépendent pas de son autorité.
La raison de ce refus n’est pas d’ordre politique ni sécuritaire au sens géopolitique du terme. Elle est judiciaire. Thomas Partey fait l’objet de poursuites au Royaume-Uni dans une affaire impliquant des accusations de viol et d’agression sexuelle. Les plaintes concernent des faits présumés remontant à la période 2021-2022. L’ancien joueur d’Arsenal conteste l’ensemble des accusations portées contre lui et a plaidé non coupable. Son procès est attendu en 2027. Le Canada, comme de nombreux pays anglo-saxons disposant d’accords de partage de renseignements judiciaires avec le Royaume-Uni, a manifestement appliqué ses procédures habituelles de contrôle aux frontières aux personnes faisant l’objet de poursuites pénales dans des pays partenaires, indépendamment du contexte sportif dans lequel s’inscrivait ce déplacement.
Ce cas est différent de celui de l’arbitre somalien Omar Artan, refoulé des États-Unis sur la base d’accusations de liens terroristes invérifiées et non documentées publiquement. Dans le cas de Partey, l’existence de poursuites judiciaires réelles, dans un pays de droit reconnu, devant un tribunal qui examinera les accusations à charge et à décharge, est un fait établi. La décision canadienne, même si elle prive les Black Stars d’un joueur majeur dans un moment crucial, repose sur un fondement légal identifiable.
Ce qui rend la situation délicate sur le plan sportif, c’est l’importance du joueur pour le Ghana. Thomas Partey est depuis des années le patron du milieu de terrain ghanéen, celui autour duquel le jeu s’organise, qui distribue, protège la défense et lance les offensives. Son absence contre le Panama affaiblit objectivement l’équipe ghanéenne dans un premier match que les Black Stars se devaient de gagner pour lancer leur tournoi avec confiance. Le Panama n’est pas un adversaire insurmontable, mais il n’est pas non plus une équipe sans ressources, ayant terminé troisième de la CONCACAF en qualifications.
Une source proche du dossier citée par l’AFP indique que Partey pourrait prendre part aux deux autres rencontres de la phase de groupes organisées aux États-Unis, contre l’Angleterre le 23 juin à Boston et la Croatie le 27 juin à Philadelphie. Si les conditions administratives américaines le permettent, il devrait retrouver ses coéquipiers pour ces échéances importantes. Mais l’incertitude même qui entoure sa disponibilité illustre la fragilité de la situation : le sort d’un joueur international dans une Coupe du monde dépend désormais non seulement de sa forme physique et de ses performances sportives, mais de l’état de son casier judiciaire aux yeux des administrations des pays hôtes.
Cette affaire s’ajoute à une série d’incidents liés aux politiques de visa dans ce Mondial 2026 qui commencent à former un tableau d’ensemble préoccupant : l’arbitre somalien Omar Artan refoulé des États-Unis, les supporters ivoiriens et sénégalais privés de visas américains pour rejoindre leurs équipes, et maintenant Thomas Partey bloqué à la frontière canadienne. Trois cas distincts, trois causes différentes, mais un signal commun : l’organisation d’un événement sportif mondial dans des pays dont la politique migratoire est parmi les plus restrictives au monde crée des situations dans lesquelles la logistique des droits d’entrée perturbe régulièrement la mécanique du football.
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