Par AN |Lementor.net
Réunis à Cotonou ce jeudi 19 mars 2026, les états-majors des armées française, ivoirienne et béninoise ont acté la poursuite de leur partenariat militaire dans la lutte contre le terrorisme. Cette rencontre stratégique s’inscrit dans la continuité des engagements pris l’année précédente pour contenir l’expansion des groupes armés dans la sous-région.
L’objectif est clair : coordonner les efforts face à une menace persistante, notamment dans le nord du Bénin et aux frontières septentrionales de la Côte d’Ivoire.
Une pression sécuritaire contrastée
Si la Côte d’Ivoire connaît une relative accalmie ces derniers mois, le Bénin reste confronté à des incursions répétées de groupes terroristes. Néanmoins, les responsables militaires béninois notent une évolution encourageante, marquée par une diminution progressive du nombre de victimes enregistrées lors des attaques.
Cette dynamique est perçue comme le résultat des efforts conjoints et du renforcement des dispositifs de sécurité sur le terrain.
Paris dément toute présence militaire permanente
Au cœur des échanges, la question de la présence française au Bénin a également été abordée. Le général français Fabien Mandon a fermement rejeté les accusations émanant de certains dirigeants de l’Alliance des États du Sahel (AES), en particulier celles du général nigérien Abdourahamane Tiani.
Ce dernier avait accusé le Bénin d’abriter des installations militaires françaises destinées à déstabiliser son régime, des propos réitérés après l’attaque de l’aéroport de Niamey fin janvier 2026. Il était même allé jusqu’à mettre en cause plusieurs chefs d’État, les désignant comme instigateurs présumés de l’opération.
Des allégations catégoriquement réfutées par Paris.
« La présence française se limite à un appui ponctuel aux forces béninoises. Il n’existe aucune base militaire française dans la zone », a insisté le général Mandon.
Guerre de communication et tensions régionales
Le responsable militaire français a également dénoncé ce qu’il qualifie de stratégie de désinformation orchestrée par certains pays de l’AES. Selon lui, ces discours visent à détourner l’attention des difficultés internes auxquelles ces États sont confrontés.
Il évoque notamment une dégradation de la situation sécuritaire et économique dans ces pays, marquée par des attaques persistantes et des perturbations majeures, comme des blocages affectant l’approvisionnement en ressources essentielles.
Souveraineté affirmée, inquiétudes persistantes
Tout en rappelant l’attachement de la France au principe de souveraineté des États, le général Mandon a souligné que chaque pays reste libre de ses choix stratégiques.
Paris affirme ne pas intervenir dans les affaires internes du Niger, du Mali ou du Burkina Faso, tout en exprimant ses préoccupations face à l’évolution de la situation dans ces pays.
En filigrane, cette réunion de Cotonou illustre les lignes de fracture qui traversent aujourd’hui l’Afrique de l’Ouest, entre coopération militaire renforcée et rivalités narratives sur fond de crise sécuritaire régionale.
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