La rédaction | Lementor.net
Le quatrième Plan national de développement de la Côte d’Ivoire a été officiellement lancé. Doté d’une enveloppe de 175 milliards d’euros sur cinq ans, le PND 2026-2030 succède aux programmes 2012-2015, 2016-2020 et 2021-2025 qui ont structuré la trajectoire économique du pays depuis le retour à la stabilité. C’est le plan le plus ambitieux jamais conçu par Abidjan.
Lors du séminaire gouvernemental de lancement du 17 février 2026 présidé par le Premier ministre Robert Beugré Mambé, trois axes prioritaires ont été identifiés : l’insertion professionnelle des jeunes, la réduction des inégalités sociales et la transition énergétique. Ces choix ne sont pas neutres. La Côte d’Ivoire est un pays jeune, avec plus de 70% de sa population âgée de moins de 35 ans, et une croissance démographique annuelle estimée à 2,6%, ce qui portera la population à environ 35 millions d’habitants en 2030. Sans création d’emplois structurée et sans réduction des inégalités entre Abidjan et l’intérieur du pays, la croissance macroéconomique risque de produire des frustrations sociales et politiques que les seuls chiffres du PIB ne reflètent pas.
Le secteur privé occupera une place centrale dans le financement du plan. Abidjan assume ainsi un modèle de développement fondé sur le partenariat public-privé, confirmé par les accords signés à Washington en avril 2026. Le PND 2026-2030 s’inscrit dans une continuité de gouvernance par la planification quinquennale : chaque plan a permis d’aborder une étape du développement avec méthode, en construisant sur les acquis du précédent. Le PND 2021-2025, piloté par le gouvernement Achi, avait notamment permis des avancées notables en matière d’accès à l’électricité, de réduction de la mortalité maternelle et de renforcement des infrastructures de base.
Le défi du nouveau plan est d’une autre nature. Il ne s’agit plus seulement de construire des routes et des écoles, mais de transformer une économie pour qu’elle produise des emplois formels, décents et en nombre suffisant pour absorber une jeunesse nombreuse et de mieux en mieux formée. C’est à cette condition que la Côte d’Ivoire pourra transformer sa croissance économique, réelle et documentée, en stabilité sociale durable.
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