Par La Rédaction | Lementor.net
Le 4 juillet 2026, à cinq heures quarante du matin, la coalition FLA-JNIM a lancé une nouvelle offensive coordonnée contre plusieurs positions stratégiques du Mali. Anéfis, Aguelhoc, Gao, Sévaré et Keniéroba ont été simultanément attaquées. Dix jours plus tard les combats continuent à Anéfis. Cette offensive, qui survient exactement soixante-dix jours après les attaques du 25 avril qui avaient tué le ministre de la Défense Sadio Camara et contraint Assimi Goïta à se réfugier à l’ambassade de Turquie, dit une réalité que la junte malienne refuse d’admettre publiquement : l’offensive d’avril n’était pas un pic exceptionnel. C’était le début d’une nouvelle phase de la guerre.
Les FAMa ont annoncé dans la matinée du 4 juillet que des tentatives d’attaques étaient en cours contre leurs positions. En fin de matinée, l’état-major a assuré que la situation était sous contrôle et que les attaques avaient été vigoureusement repoussées. Ces affirmations officielles doivent être lues avec le scepticisme que commande le précédent d’avril, quand la junte déclarait aussi la situation maîtrisée pendant que Kidal tombait entre les mains des rebelles et que les soldats maliens étaient faits prisonniers. Les vidéos diffusées sur les réseaux sociaux par le FLA et le JNIM montraient ce même 4 juillet des colonnes de pick-up chargés de combattants entrer dans Anéfis. Un élu de la ville joint par l’AFP confirmait que les rebelles contrôlaient la ville mais que les Russes étaient retranchés dans le camp. Un habitant de Gao assurait vers 9 heures GMT que les affrontements autour de l’aéroport se déroulaient avec une intensité plus forte que celle des attaques du 25 avril.
La situation à Anéfis est la clé de lecture de cette nouvelle offensive. Cette localité n’est pas un simple village du désert malien. Située sur l’axe stratégique entre Gao, Kidal et Aguelhoc, elle est l’un des derniers points d’appui de l’armée malienne et de l’Africa Corps dans la région de Kidal depuis la chute de Kidal fin avril. Contrôler Anéfis, c’est contrôler la route entre le nord et le centre du pays, couper les communications entre Gao et les positions maliennes restantes dans le Kidal, et ouvrir la voie à de nouvelles avancées vers le sud. Le porte-parole du FLA Elmaouloud Radamane a déclaré que les combats se poursuivaient à l’intérieur d’Anéfis et que les dernières poches de résistance des combattants russes étaient en cours de neutralisation. Ces affirmations n’ont pas pu être confirmées de manière indépendante, mais leur cohérence avec les informations de sources locales et le silence de l’état-major malien sur le sort précis d’Anéfis dit qu’elles ne sont pas sans fondement.
Les autres localités visées répondent à des logiques stratégiques précises et distinctes. Gao est le verrou militaire et logistique majeur du nord. Perdre Gao serait pour la junte une catastrophe comparable ou supérieure à la perte de Kidal. Les combats autour de l’aéroport de Gao lors de cette offensive, similaires à ceux qui avaient visé l’aéroport de Bamako en avril, disent que le JNIM cherche à neutraliser les capacités aériennes maliennes qui sont leur principal avantage militaire. Sévaré et Konna, dans la région de Mopti, s’inscrivent dans le dispositif stratégique du centre du pays. Leur attaque simultanée à Gao et Anéfis dit la capacité du JNIM à opérer sur des distances de 1 500 kilomètres de façon coordonnée, une démonstration de puissance logistique et organisationnelle qui dit que cet ennemi n’est pas en train de reculer. Keniéroba, à la périphérie sud de Bamako, abrite une prison contenant des prisonniers de haute valeur, des combattants du JNIM arrêtés après les attaques d’avril. Son attaque dit une intention de libérer ces prisonniers et d’affaiblir la capacité de la junte à détenir ses adversaires.
Ce qui est structurellement révélateur dans cette séquence, c’est sa cadence. Soixante-dix jours après les attaques du 25 avril, une nouvelle offensive de même ampleur et de même coordination. Ce rythme dit que les groupes armés ont la capacité de planifier, préparer et lancer des offensives majeures à une cadence que l’armée malienne et ses supplétifs russes ne peuvent pas contrer par la seule défensive. Chaque offensive test les lignes maliennes, consomme des munitions et de l’énergie des défenseurs, et produit des informations de terrain que les planificateurs du JNIM et du FLA exploitent pour l’offensive suivante. C’est la stratégie de l’attrition, et elle fonctionne.
L’Africa Corps est de nouveau au cœur des combats à Anéfis, retranché dans le camp, encerclé selon les déclarations du FLA. Si ce scénario se confirme, ce serait le troisième épisode en deux mois où les combattants russes se retrouvent assiégés ou contraints de se retirer sous escorte ennemie. Après Kidal, après Aguelhoc et Tessalit, Anéfis. La Russie, qui s’était présentée comme le partenaire sécuritaire incontournable après l’expulsion des forces françaises et onusiennes, est en train de démontrer sur le terrain malien que son Africa Corps n’a ni les effectifs ni la puissance de feu pour contenir une coalition armée déterminée et de mieux en mieux organisée.
La junte, fidèle à sa communication, maintient le discours de la victoire et de la situation maîtrisée. Le général Oumar Diarra, fidèle d’Assimi Goïta depuis le putsch de 2020, vient d’être nommé ministre délégué à la Défense en remplacement de Sadio Camara tué en avril. Ce remaniement dit que la junte essaie de reconstruire sa chaîne de commandement militaire après les dégâts d’avril. Mais nommer un nouveau ministre de la Défense ne reconstruit pas les positions militaires perdues, ne rend pas Kidal, et n’empêche pas la prochaine offensive qui, au rythme actuel, surviendra avant la fin du mois d’août.
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