Par La Rédaction | Lementor.net
La Haute Autorité pour la Bonne Gouvernance poursuit le renforcement de son arsenal juridique de lutte contre la corruption. La RTI a confirmé ce mardi que le président de la HABG travaille activement à la consolidation du cadre légal et institutionnel qui permet à l’institution d’agir avec plus d’efficacité contre les actes de corruption, de conflits d’intérêts et d’abus de fonction dans l’administration publique ivoirienne.
Cette information prend un relief particulier dans le contexte de l’affaire Koumassi Campement. La HABG avait ouvert une enquête parallèle à celle du parquet sur les circonstances ayant conduit aux démolitions du 3 juin 2026, et notamment sur l’arrêté de remblayage de 2021 signé par l’actuel ministre délégué Célestin Serey Doh, en violation du décret présidentiel de 2019 qui interdisait précisément ce type d’opération. Cette enquête est toujours en cours. Le renforcement de l’arsenal juridique de la HABG dit que l’institution entend avoir les outils légaux nécessaires pour aller jusqu’au bout des dossiers qu’elle instruit, y compris quand ils impliquent des personnalités en exercice dans l’appareil d’État.
La HABG joue un rôle institutionnel complémentaire à celui du parquet pénal dans le traitement des affaires de corruption et d’abus de pouvoir. Là où le parquet poursuit des infractions pénales spécifiques, la HABG examine les conditions administratives et institutionnelles dans lesquelles des décisions potentiellement irrégulières ont été prises. Cette complémentarité est précieuse dans des affaires comme Koumassi, où la question pénale, qui a conduit à la mise en examen d’Alloui Brou Jacques devant la section antiterroriste, ne dit pas tout sur la chaîne de décisions administratives qui a rendu l’opération possible.
Le groupe consultatif international des 8 et 9 juillet, qui débute demain à Abidjan, sera attentif à la façon dont la Côte d’Ivoire gère ce type d’affaire. Les investisseurs internationaux et les partenaires financiers qui s’apprêtent à s’engager sur des milliards d’euros dans le cadre du PND 2026-2030 ont besoin d’être convaincus que l’État de droit et la bonne gouvernance ne sont pas des slogans mais des réalités opérationnelles. Chaque renforcement de la HABG, chaque instruction judiciaire menée jusqu’à son terme, chaque fonctionnaire sanctionné pour abus de pouvoir, contribue à construire cette conviction.
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