Par La Rédaction | Lementor.net
La première édition du Marché Africain du Film d’Animation se tiendra en novembre 2026 à Abidjan sur le site de l’Institut coréen. L’annonce a été faite le 15 mai 2026 par Simon Adayé, secrétaire général du MAFA, lors d’une conférence de presse au CSCTICAO d’Abidjan. Les organisateurs tablent sur la participation de près de 10 000 personnes pour cette édition inaugurale.
Le MAFA n’est pas un festival de cinéma ordinaire. C’est un marché au sens économique du terme, conçu pour créer des transactions réelles entre des créateurs africains qui ont des projets et des acheteurs, diffuseurs, investisseurs et plateformes numériques qui cherchent des contenus. L’espace sera dédié à la rencontre entre créateurs, producteurs, diffuseurs, investisseurs, plateformes numériques, chaînes de télévision, écoles de formation et institutions culturelles. L’objectif est de permettre aux projets africains de trouver des financements, des partenaires et des débouchés internationaux. Ce n’est pas de la promotion culturelle. C’est de l’industrie créative.
Cette distinction est fondamentale. L’Afrique regorge de talents dans l’animation. Des studios comme AfricaToon en Côte d’Ivoire, Kugali au Nigeria et en Ouganda, des animateurs kényans, sénégalais et camerounais dont les œuvres circulent sur YouTube, Netflix et Disney+ : cette génération créative existe. Ce qui lui manque, c’est précisément ce que le MAFA veut construire, un espace structuré où les œuvres africaines trouvent des financements, des partenaires de distribution et une visibilité internationale comparable à celle dont bénéficient les productions des marchés animés historiques de France, du Japon et des États-Unis.
Le choix d’Abidjan comme siège de ce marché n’est pas anodin. La Côte d’Ivoire est déjà le pays africain le plus actif dans l’organisation d’événements culturels continentaux. Le MASA, Marché des Arts du Spectacle Africain, existe depuis 1990. Le SILA, Salon International du Livre d’Abidjan, est devenu l’un des plus importants du continent francophone. Le FFAA, Festival du Film d’Animation d’Abidjan qui a tenu sa huitième édition en avril-mai 2026, a construit depuis 2018 une communauté professionnelle de l’animation francophone et panafricaine autour d’Abidjan. Le MAFA s’inscrit dans cette continuité en ajoutant la dimension marché économique qui manquait à l’écosystème.
Simon Adayé l’a formulé sans ambiguïté : le MAFA ne sera pas seulement un événement culturel. Il sera un moteur économique, un incubateur de talents et un accélérateur d’opportunités pour la jeunesse africaine. Cette formulation dit que les organisateurs ont compris quelque chose d’essentiel sur ce dont le film d’animation africain a besoin en 2026 : non pas davantage de reconnaissance symbolique, mais davantage de deals, de contrats, de financements et de fenêtres de diffusion. C’est l’ambition du MAFA. Son succès se mesurera non pas au nombre de spectateurs mais au nombre de projets africains qui auront trouvé un financement en marge de ses tables rondes.
Leave a comment