Par La Rédaction | Lementor.net
La récente session des instances dirigeantes de l’Union Économique et Monétaire Ouest-Africaine a produit un ensemble de décisions qui méritent une attention particulière dans le contexte économique actuel de la sous-région. Ces décisions touchent à la fois à la stabilité du système financier, au développement des marchés de capitaux et au renforcement de la convergence des économies membres.
L’UEMOA est l’espace économique et monétaire dans lequel s’inscrit la majeure partie de la croissance ivoirienne. La Côte d’Ivoire représente à elle seule environ 40 % du PIB de l’union, ce qui signifie que la stabilité financière régionale est à la fois le cadre dans lequel le pays évolue et un enjeu qu’il influence directement par sa performance. Quand l’UEMOA prend des décisions sur la solidité du système bancaire régional, sur les règles prudentielles des établissements financiers ou sur les mécanismes de supervision, ces décisions affectent directement les conditions dans lesquelles les entreprises ivoiriennes peuvent emprunter, les ménages ivoiriens peuvent épargner, et l’État ivoirien peut mobiliser des ressources sur le marché financier régional.
La BRVM, Bourse Régionale des Valeurs Mobilières basée à Abidjan, est l’une des expressions les plus visibles de cette intégration financière régionale. L’introduction ce lundi 6 juillet de Bridge Bank Group Côte d’Ivoire à la cote de la BRVM pour 67,5 milliards de FCFA s’inscrit dans la dynamique de renforcement de la capitalisation boursière régionale que l’UEMOA cherche à promouvoir. Chaque nouvelle introduction en bourse dit que le marché des capitaux régional gagne en profondeur, en liquidité et en attractivité pour les investisseurs institutionnels.
L’UEMOA est également en première ligne pour gérer les tensions que la crise sahélienne impose à son cadre institutionnel. Les trois pays de l’AES, Mali, Burkina Faso et Niger, qui ont quitté l’organisation régionale, étaient membres de l’UEMOA et continuent de partager le franc CFA. Cette situation inédite, des pays politiquement sortis de la CEDEAO mais monétairement toujours liés à la zone franc, crée des tensions juridiques et institutionnelles que les instances de l’UEMOA doivent gérer avec une délicatesse que la situation politique régionale ne facilite pas.
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