Par La Rédaction | Lementor.net
Ce mardi 7 juillet 2026, le Parc des Expositions d’Abidjan a ouvert ses portes à la deuxième édition du Marché Africain des Solutions Spatiales. Pendant trois jours, jusqu’au 9 juillet, décideurs publics, agences spatiales, entreprises, startups, chercheurs et délégations africaines et internationales se réunissent autour d’un thème qui dit l’ambition de l’événement : l’espace au service du développement, accélérer la transformation socio-économique de l’Afrique.
Fabrice Irié Bi, commissaire général du MASS et directeur d’OTIF Africa Space, a résumé avec précision ce que représente ce marché dans le paysage de l’innovation africaine : pendant longtemps, le spatial a été perçu comme un domaine lointain, réservé aux agences spécialisées ou aux grands programmes scientifiques. Or, aujourd’hui, les solutions issues du spatial sont présentes dans notre quotidien, dans l’agriculture, le cadastre, l’aménagement du territoire, la connectivité, la gestion des risques, le climat, la sécurité, le transport, les mines, les villes intelligentes, l’environnement et la gouvernance publique.
Cette formulation dit quelque chose d’essentiel sur ce qui distingue le MASS d’un salon technologique ordinaire. Il ne s’agit pas de présenter des satellites et des fusées à un public de scientifiques. Il s’agit de montrer à des maires, à des ministres, à des directeurs d’agences d’État et à des chefs d’entreprise comment des données satellitaires peuvent aider à planifier l’extension d’un réseau d’eau potable, comment la géolocalisation peut améliorer le traçage des cultures pour les banques qui financent les agriculteurs, comment les images d’observation de la Terre peuvent détecter des déboisements illégaux avant qu’ils ne soient irréversibles.
L’Union des Villes et Communes de Côte d’Ivoire a apporté son soutien à cette édition en mettant en avant les besoins concrets des collectivités locales. Les communes ivoiriennes font face à des défis liés à l’urbanisation rapide, à la gestion du foncier et à la collecte des déchets. Le MASS 2026 doit leur permettre d’accéder à des données fiables et à des cartes actualisées pour mieux planifier le développement de leurs territoires. Cette dimension locale dit que le spatial n’est pas réservé aux États et aux grandes corporations. Il peut être un outil de gouvernance municipale quotidienne.
La première édition de 2025 avait rassemblé plus de 12 000 visiteurs issus de 25 pays, réuni 60 exposants et une centaine d’experts, et organisé six meetups stratégiques avec une vingtaine de médias nationaux et internationaux. L’édition 2026 ambitionne de dépasser ces chiffres avec davantage d’exposants, des ateliers sectoriels renforcés, des rencontres B to B mieux structurées, des signatures de conventions, des side events spécialisés et un dîner de gala. Ce que les organisateurs veulent mesurer à l’issue de ces trois jours, c’est moins le nombre de visiteurs que le nombre de projets pilotes lancés, de contrats signés et de coopérations institutionnelles formalisées.
Cette deuxième édition du MASS s’ouvre le même jour que le groupe consultatif international des 8 et 9 juillet et à deux jours de sa clôture. La coïncidence dit quelque chose sur la densité du moment que vit Abidjan en ce début juillet 2026 : une ville qui mobilise simultanément les financements de son plan de développement quinquennal et les technologies spatiales qui permettront d’en planifier, d’en suivre et d’en évaluer la mise en œuvre. Ces deux événements se parlent sans se l’avouer.
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