Rédaction | Lementor.net
Le tirage au sort des éliminatoires de la CAN Kenya-Tanzanie-Ouganda 2027 a livré ses verdicts ce mardi 19 mai au Caire. Quarante-huit nations réparties en douze groupes de quatre. Pour la Côte d’Ivoire, tenante du titre depuis son sacre à domicile en février 2024, le sort a placé les Éléphants dans le groupe C aux côtés du Ghana, de la Gambie et de la Somalie. Un groupe qui, sur le papier, semble accessible. Un groupe qui, dans les faits, recèle un derby ouest-africain parmi les plus chargés d’histoire du football continental.
Le choc Ghana-Côte d’Ivoire est l’une de ces affiches qui n’ont pas besoin d’introduction. Les deux pays partagent une frontière, une histoire commerciale et une rivalité footballistique qui dépasse largement les enjeux sportifs. Les Black Stars et les Éléphants se sont croisés à la CAN, en phase de qualification, en matchs amicaux. Chaque confrontation est une affaire d’honneur autant que de points. Le Ghana arrive dans ce groupe avec la motivation de celui qui veut rappeler qu’il reste une puissance continentale malgré des années de turbulences institutionnelles et sportives. La Côte d’Ivoire arrive en tenante du titre, avec tout ce que cela implique comme pression supplémentaire. Ces deux matchs seront les rendez-vous décisifs du groupe C.
La Gambie, troisième adversaire des Éléphants, ne doit pas être sous-estimée. La petite nation ouest-africaine a démontré lors de la CAN 2021 et des suivantes qu’elle était capable de bousculer les hiérarchies établies. Structurée, disciplinée, portée par une génération de joueurs formés en Europe, elle a transformé ses éliminatoires en véritables défis pour ses adversaires. La Somalie, quatrième membre du groupe, est en revanche une nation en reconstruction footballistique dont la présence dans ces éliminatoires témoigne des efforts de la CAF pour élargir la base compétitive du football africain. Elle représentera une opposition théoriquement plus accessible pour les deux favoris du groupe.
Le reste du tirage dessine une compétition qui s’annonce particulièrement ouverte. Le groupe A offre au Maroc, favori absolu de la CAN 2027 sur son sol en cas de qualification, un chemin relativement dégagé face au Gabon, au Niger et au Lesotho. L’Égypte hérite du groupe B avec l’Angola comme principal adversaire. Le Nigeria, dans le groupe L, retrouve Madagascar, la Tanzanie et la Guinée-Bissau dans une poule qui ne devrait pas lui résister.
Les vraies batailles se joueront ailleurs. Le groupe D propose une double confrontation Afrique du Sud-Guinée-Kenya aux enjeux réels. Le groupe F place le Burkina Faso, pays de l’AES, dans une situation particulière : ses joueurs continueront à représenter leur nation dans les éliminatoires d’une compétition organisée sous l’égide de la CAF, institution dont leur gouvernement conteste régulièrement les orientations. Le football transcende parfois la politique, mais cette tension sera visible tout au long de la campagne. Le groupe K propose un choc Mali-Cap-Vert-Rwanda-Libéria dont le Mali sort favori malgré les turbulences qui secouent son football national. Le groupe I met l’Algérie face à la Zambie, au Togo et au Burundi, une poule que les Fennecs aborderont avec l’ambition de retrouver enfin une CAN dont ils sont absents depuis trop longtemps.
Pour Emerse Faé et son staff, cette information arrive au moment le moins opportun : à moins de vingt-six jours du premier match de la Côte d’Ivoire à la Coupe du Monde 2026 contre l’Équateur. La CAN 2027 et ses éliminatoires sont une réalité future, mais une réalité qui commence à se dessiner concrètement. Les premiers matchs des éliminatoires se disputeront en juin et septembre 2026, dans des fenêtres internationales FIFA qui tomberont pendant ou juste après le Mondial américano-canadien. La gestion du calendrier sera un enjeu majeur pour le sélectionneur.
Ce groupe C est donc à la fois une opportunité et un avertissement. Opportunité parce que la Côte d’Ivoire, avec le statut de tenante du titre et la qualité de son effectif actuel, doit être capable de se qualifier sans traverser de crise. Avertissement parce que le Ghana ne viendra pas à Abidjan ou à Accra pour faire de la figuration, et que la Gambie a démontré par le passé qu’elle savait transformer les matchs de qualification en pièges pour les favoris.
La défense du titre commence ici. Dans un groupe C qui porte bien son nom : le troisième de l’alphabet, mais pas le plus simple du tirage.
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