Par La Rédaction | Lementor.net
Le Conseil des ministres du 1er juillet 2026 a adopté deux décrets de ratification qui traduisent en engagements concrets les partenariats financiers internationaux de la Côte d’Ivoire. Le premier porte sur un accord de prêt de 261,9 millions d’euros conclu avec l’Association Internationale de Développement, soit 171,8 milliards de FCFA, pour le financement de la politique de développement de l’investissement privé et des emplois productifs. Le second ratifie une convention de crédit de 130 millions d’euros, soit 85,3 milliards de FCFA, conclue avec l’Agence Française de Développement.
Ces deux ratifications interviennent à quelques jours du groupe consultatif international des 8 et 9 juillet à Abidjan. Leur adoption en Conseil des ministres en ce début de juillet n’est pas le fruit du hasard. Elle dit que le gouvernement ivoirien veut arriver devant les investisseurs mondiaux avec des engagements déjà formalisés, des accords déjà signés, une crédibilité déjà documentée. La mobilisation des financements du PND 2026-2030 ne commence pas le 8 juillet. Elle a commencé bien avant et ces deux ratifications en sont la preuve.
Le financement de la Banque mondiale mérite une lecture attentive. Il constitue un appui budgétaire dédié à la mise en œuvre du programme d’investissement privé et à la création d’emplois productifs. Ce programme porte sur l’amélioration des conditions techniques et pratiques de l’intervention de l’investissement privé dans quatre secteurs critiques de l’économie : l’eau et l’énergie électrique, le numérique, l’agriculture et la santé. Ces quatre secteurs ne sont pas choisis par hasard. Ils correspondent précisément aux axes du PND 2026-2030 où les besoins d’investissement privé sont les plus importants et les plus urgents.
L’eau et l’énergie d’abord. La Côte d’Ivoire exporte de l’électricité vers sept pays voisins mais son réseau de distribution interne présente encore des insuffisances qui limitent l’accès des zones rurales et freinent l’installation d’industries dans les régions éloignées d’Abidjan. Le programme WASUNA de réhabilitation du parc hydroélectrique s’inscrit dans cette même logique d’amélioration de la fiabilité et de la capacité énergétique nationale. Le numérique ensuite, dont le développement est conditionné par des infrastructures de connectivité que l’autorisation récente accordée à Starlink commence à compléter pour les zones les plus reculées. L’agriculture, dont le PNIA 3 vient de redéfinir les ambitions en matière de souveraineté alimentaire. Et la santé, secteur dans lequel la Côte d’Ivoire a également ratifié des accords de don de l’AID pour un total de 25 millions de dollars dédiés au programme multiphase de santé, nutrition et développement de la petite enfance.
Le financement de l’AFD, pour sa part, vient compléter la diversification des partenaires financiers que la Côte d’Ivoire conduit avec cohérence depuis plusieurs années. Après le Samouraï bond sur le marché japonais en juillet 2025, les eurobonds sur les marchés internationaux, les lignes de crédit bilatérales avec des fonds arabes et les programmes avec les institutions de Bretton Woods, l’AFD représente le volet européen d’une architecture de financement délibérément plurielle. Cette pluralité est en elle-même une force : un pays qui ne dépend pas d’un seul créancier ni d’un seul marché est un pays qui conserve des marges de manœuvre dans la négociation des conditions de ses emprunts.
Au total, ces deux ratifications représentent 392 millions d’euros de financements supplémentaires mobilisés par la Côte d’Ivoire en ce début juillet 2026. Ajoutés aux 832,8 millions de dollars débloqués par le FMI le 24 juin, aux financements de la BID pour l’autoroute du nord, aux partenariats en cours de négociation avec les fonds souverains du Golfe en vue du groupe consultatif, la mobilisation financière internationale de la Côte d’Ivoire dans ce mois de juillet 2026 est d’une ampleur sans précédent dans l’histoire économique du pays. Le groupe consultatif des 8 et 9 juillet ne part pas de zéro. Il part d’une base déjà solide que chaque accord signé et chaque décret ratifié vient consolider.
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