Par La rédaction | Lementor.net
Le président du Syndicat des Acheteurs et Vendeurs d’Or et Diamant de Côte d’Ivoire a tenu une conférence de presse sur l’orpaillage illégal ce vendredi 11 septembre 2026. Cette prise de parole publique d’un acteur du secteur légal de l’or est une information qui dit quelque chose d’important et de nouveau sur la dynamique de la lutte contre ce fléau. Pour la première fois de façon aussi visible dans l’espace médiatique ivoirien, ce ne sont plus seulement les forces de sécurité du GS-LOI, les imams mobilisés au Maouloud ou les préfets engagés dans les ateliers du Conseil national de sécurité qui prennent la parole. C’est le secteur privé légal de la filière aurifère qui dit sa réalité, ses souffrances et ses propositions. Et sa voix dit des choses que les communiqués officiels ne disent pas toujours avec la même franchise.
Le SAVOD-CI regroupe les acheteurs et vendeurs d’or opérant dans les circuits légaux, déclarés et fiscalisés de la filière aurifère ivoirienne. Ces acteurs ont obtenu leurs agréments, déclarent leurs transactions aux autorités compétentes, s’acquittent de leurs obligations fiscales et respectent les réglementations sur la traçabilité de l’or qui permettent de distinguer le métal issu de mines légales du métal issu de sites clandestins. Pour exercer légalement, ils ont investi dans des locaux conformes, des équipements de pesée certifiés et des systèmes de facturation que l’administration fiscale peut contrôler. Et ils subissent directement et quotidiennement la concurrence déloyale des circuits illicites qui opèrent sans aucune de ces contraintes, sans charges fiscales, sans coûts de conformité réglementaire, et qui peuvent donc proposer des prix d’achat aux orpailleurs et des prix de revente aux acheteurs internationaux que les opérateurs légaux ne peuvent pas atteindre sans perdre de l’argent à chaque transaction.
Cette conférence de presse dit que le SAVOD-CI veut être partie prenante de la solution plutôt que simple victime documentée du problème. Les syndicats du secteur légal de l’or disposent d’informations précieuses que ni la gendarmerie ni le GS-LOI ne peuvent collecter aussi facilement : les prix pratiqués sur les marchés parallèles, les circuits de commercialisation illicites qui relient les sites clandestins aux acheteurs informels internationaux, les points de sortie du territoire par lesquels l’or illégal quitte la Côte d’Ivoire et les acteurs qui assurent ces passages. Ces informations ont une valeur opérationnelle pour les services de renseignement économique de l’État. Le SAVOD-CI peut aussi proposer des mécanismes de formalisation progressive qui permettraient à certains orpailleurs clandestins de rejoindre les circuits légaux sans passer par les procédures administratives lourdes et coûteuses qui découragent actuellement cette transition. Et il peut participer au financement de programmes de sensibilisation dans les zones de production en apportant une légitimité économique que les seules forces de sécurité n’ont pas. La question est de savoir si le gouvernement est prêt à associer formellement le secteur privé légal à sa stratégie anti-orpaillage ou si cette conférence de presse restera sans suite institutionnelle.
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