Par La rédaction | Lementor.net
Ce vendredi 11 septembre 2026, trois jours seulement après la Déclaration de politique générale d’Ahmadou Al Aminou Lo et l’absence de motion de censure qui avait laissé croire à une accalmie dans la guerre entre Diomaye et Sonko, un nouveau limogeage vient de remettre le feu aux poudres. Fadilou Keita, directeur général de la Caisse des dépôts et consignations du Sénégal, vient d’être révoqué par le président Bassirou Diomaye Faye. La réaction immédiate de Daouda Mine, proche de l’intéressé, dit sans ambiguïté l’état du camp sonkoïste : je ne suis pas d’accord avec Diomaye sur ce limogeage. Cette phrase prononcée publiquement par un sénior du mouvement dit que la fracture entre les deux hommes ne se referme pas. Elle s’élargit.
Fadilou Keita n’est pas un technocrate ordinaire dans la galaxie PASTEF. C’est une figure dont la proximité avec Ousmane Sonko est documentée et connue de tous les acteurs de la scène politique sénégalaise. Sa nomination à la tête de la CDC-Sénégal après l’élection de Diomaye en mars 2024 avait dit la confiance que le camp au pouvoir lui accordait sur un dossier financier stratégique. La Caisse des dépôts et consignations est l’institution qui centralise les dépôts obligatoires des professions réglementées, les fonds des notaires et des avoués, et qui gère des ressources financières significatives au service du financement du développement national. Placer un homme de confiance de Sonko à sa tête était un signal politique fort sur qui contrôlait ce levier financier. Le limoger est un signal inverse d’égale intensité.
Ce limogeage s’inscrit dans une séquence qui dit la méthode de Diomaye dans sa guerre contre Sonko. Depuis le limogeage de Sonko lui-même de la Primature en mai 2026, le président de la République procède méthodiquement à la révocation des proches de son ancien Premier ministre des postes qu’ils occupaient dans les institutions et les entreprises publiques. Ce n’est pas une purge au sens dramatique du terme. C’est une reconstitution progressive du contrôle présidentiel sur l’appareil d’État que Sonko avait partiellement colonisé pendant ses vingt-quatre mois à la Primature. Chaque limogeage d’un proche de Sonko dit que Diomaye veut gouverner sans contre-pouvoirs internes nourris par son ancien Premier ministre. Et chaque réaction indignée du camp sonkoïste dit que Sonko n’accepte pas cette reconquête de terrain sans réagir.
La temporalité de ce limogeage est politiquement significative. Il intervient trois jours après une DPG dont Sonko avait décidé de ne pas faire le prétexte d’une motion de censure immédiate. Ce choix de retenue avait été salué comme un signe de maturité institutionnelle. Le limogeage de Fadilou Keita dit que Diomaye a interprété cette retenue non pas comme une détente mais comme une opportunité pour avancer ses pions pendant que Sonko gardait son arme parlementaire au repos. Cette lecture dit que les deux hommes jouent simultanément sur deux tableaux distincts : le tableau institutionnel où la DPG et la motion de censure fixent les règles du jeu public, et le tableau des nominations et révocations où chacun cherche à consolider sa position dans l’appareil d’État loin des caméras de l’Assemblée nationale. C’est sur ce deuxième tableau, moins visible mais tout aussi décisif, que la vraie guerre entre Diomaye et Sonko se joue depuis mai 2026.
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