Par La Rédaction | Lementor.net
Ce mardi 8 juillet 2026, dans le quartier d’Abobo Dokoui au nord d’Abidjan, deux ouvriers ont perdu la vie dans des circonstances dramatiques. Âgés de 33 et 43 ans, ils réalisaient des travaux en hauteur sur un chantier situé à proximité de la station-service OLA lorsqu’un échafaudage métallique qu’ils utilisaient est entré en contact avec une ligne électrique à haute tension surplombant la zone. La décharge électrique qui s’est ensuivie ne leur a laissé aucune chance. Les deux hommes sont décédés sur place avant l’arrivée des secours, sous le regard de riverains et de passants. Les autorités compétentes ont ouvert une enquête pour déterminer les circonstances exactes de l’accident et établir les responsabilités.
Ce drame n’est malheureusement pas un cas isolé. Il s’inscrit dans une série d’accidents mortels liés à la proximité entre des chantiers de construction et des lignes électriques à haute tension qui continuent de faucher des vies sur les chantiers ivoiriens avec une régularité alarmante. La spécificité de ce type d’accident est sa brutalité et son caractère souvent imprévisible pour des travailleurs non sensibilisés aux règles de sécurité électrique. Un échafaudage métallique, une grue, une armature de construction, tout élément conducteur approchant à moins de quelques mètres d’une ligne à haute tension peut provoquer un arc électrique mortel sans contact physique direct.
La Compagnie Ivoirienne d’Electricité conduit chaque année plusieurs centaines de séances de sensibilisation destinées aux travailleurs du bâtiment, aux élèves, aux partenaires et aux forces de défense et de sécurité pour promouvoir les règles de sécurité à proximité des installations électriques. Ces campagnes existent. Leur efficacité se mesure malheureusement à leur insuffisance face à la réalité d’un secteur du bâtiment qui emploie des centaines de milliers de travailleurs dont beaucoup n’ont jamais reçu de formation sécurité formelle et dont les employeurs ne vérifient pas systématiquement les conditions d’intervention avant le début des travaux.
La question de responsabilité que l’enquête devra trancher est centrale. Est-ce que le promoteur du chantier savait que des lignes à haute tension surplombaient la zone d’intervention ? Est-ce que les ouvriers avaient été informés de ce risque ? Est-ce que les procédures de demande de mise hors tension auprès de la CIE avant le début de travaux à proximité de lignes électriques avaient été respectées ? Ces procédures existent et sont obligatoires. Leur non-respect constitue une faute dont la responsabilité peut être pénalement engagée.
Ces deux morts d’Abobo Dokoui surviennent dans un contexte urbain abidjanais déjà endeuilli ces dernières semaines. Les 59 morts des inondations du 29 juin. Les huit morts de l’effondrement de Koumassi Soweto en mai. L’explosion à la Brigade Mobile des Douanes de Ferkessédougou hier. Ces drames répétés dessinent le portrait d’une ville en croissance accélérée dont les capacités de gestion des risques, de contrôle des chantiers et de protection des travailleurs et des populations n’ont pas suivi le rythme d’une urbanisation qui avance plus vite que les règles qui devraient l’encadrer. Pendant que le groupe consultatif international mobilise des milliards pour le développement de la Côte d’Ivoire, deux ouvriers meurent à Abobo Dokoui parce que personne n’a vérifié si des lignes à haute tension passaient au-dessus de leur échafaudage. Ces deux réalités coexistent. Elles doivent être tenues ensemble dans la même exigence de sérieux.
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