Par La rédaction | Lementor.net
Le mercredi 15 juillet 2026, le ministre des Transports et des Affaires maritimes Amadou Koné s’est rendu au domicile de la famille de Koné Mamadou à Abobo pour lui témoigner la solidarité du gouvernement ivoirien. Mandaté par le président de la République et le gouvernement, il a présenté les condoléances de la Nation aux proches du jeune livreur à moto assassiné le 3 juillet dernier à Cocody. Cette visite, douze jours après le drame, dit que l’émotion populaire soulevée par cet assassinat a atteint les plus hautes sphères de l’État.
Les faits sont ceux-ci. Le 3 juillet 2026 à Cocody, Koné Mamadou, livreur de petits colis à moto, est agressé et assassiné. Son meurtre provoque immédiatement une vague d’indignation sans précédent dans le milieu des livreurs et dans l’opinion publique ivoirienne plus largement. Les réseaux sociaux s’enflamment. Des témoignages de collègues livreurs disent leur peur quotidienne d’être la prochaine victime. Des rassemblements spontanés ont lieu. La mort de Koné Mamadou cristallise un malaise profond sur la sécurité des travailleurs de la mobilité urbaine, ces hommes et ces femmes qui sillonnent Abidjan du matin au soir pour un revenu modeste et une exposition permanente aux risques.
La réponse judiciaire a été rapide. La Brigade de recherche et d’intervention Nord a interpellé quatre personnes soupçonnées d’être impliquées dans l’assassinat. Deux suspects présentés comme des receleurs ont permis aux enquêteurs de remonter jusqu’à deux autres individus soupçonnés d’être les auteurs directs de l’agression mortelle. La moto de la victime a été récupérée. Des objets liés aux faits ont été saisis. Le dossier judiciaire avance.
Le ministre Amadou Koné a salué ce travail des forces de sécurité lors de sa visite à la famille et a réaffirmé la détermination de l’État à faire appliquer la loi et à permettre que les responsables présumés répondent de leurs actes devant la justice. Il a également rappelé l’attention portée par le ministère des Transports à l’ensemble des acteurs du secteur : chauffeurs de taxi, conducteurs de bus, livreurs indépendants, tous participent selon lui au dynamisme économique et à la mobilité du pays et méritent une protection effective de l’État.
Cette mort et la mobilisation qu’elle a générée révèlent une réalité du marché du travail informel ivoirien que les statistiques macroéconomiques ne font pas apparaître. Abidjan compte des dizaines de milliers de livreurs à moto, zémidjan, glowas, riders des plateformes numériques de livraison, dont le statut professionnel reste souvent précaire, l’accès à une protection sociale inexistant et l’exposition aux risques routiers et aux agressions quotidienne. La réponse ne peut pas être uniquement judiciaire après un drame. Elle doit aussi passer par la prévention, la sécurisation des zones à risque identifiées comme dangereuses pour les livreurs, une meilleure coordination avec les plateformes de livraison sur les protocoles de sécurité de leurs travailleurs, et un accompagnement accru d’un secteur dont la croissance est réelle mais dont la régulation reste insuffisante.
Koné Mamadou a été inhumé en présence de sa famille et de ses proches. Sa mort ne doit pas être réduite à un fait divers. Elle doit servir de point de départ à une réflexion collective et à des actions concrètes sur la protection de tous ceux qui, chaque jour, font tourner l’économie urbaine d’Abidjan avec leur moto et leur courage.
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