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Le 12e congrès ordinaire électif de l’Union nationale des journalistes de Côte d’Ivoire ne se tiendra pas les 15 et 16 mai comme initialement prévu. Le comité ad hoc chargé de son organisation a annoncé ce mardi 12 mai le report au 22 et 23 mai à la Maison de la presse d’Abidjan. La décision est présentée par son président Amos Béonaho avec une formule qui dit tout entre les lignes : ce report n’est ni un recul ni un blocage, mais un choix de responsabilité.
Derrière la formule diplomatique, la réalité est connue. L’UNJCI traverse une crise interne sérieuse depuis plusieurs mois. Les tensions autour de l’organisation du scrutin électif, les contestations sur les critères d’éligibilité des candidats, les pressions présumées d’acteurs étatiques sur le processus syndical documentées par la Fédération internationale des journalistes et la Fédération africaine des journalistes, et les divisions entre différentes sensibilités de la corporation ont créé un climat qui rendait la tenue d’un congrès inclusif et crédible dans les délais initialement prévus techniquement et politiquement difficile.
Le comité ad hoc a fait le choix de prendre le temps nécessaire pour finaliser les aspects techniques, achever les travaux sur les textes qui encadreront le fonctionnement futur de l’organisation et favoriser un climat plus serein. C’est une décision raisonnable, à condition que le délai accordé serve effectivement à désamorcer les tensions et non à les déplacer.
L’appel lancé aux journalistes ivoiriens à faire preuve de retenue, à préserver l’image de la profession et à éviter les polémiques est en lui-même un aveu de l’ampleur des tensions internes. Dans un pays où la liberté de la presse est sous pression documentée, où des dirigeants syndicaux ont récemment été convoqués par le parquet, où un journaliste-maire a été auditionné pendant 15 heures, l’état interne de la principale organisation professionnelle des journalistes n’est pas une affaire corporatiste. C’est un enjeu de démocratie.
Le 22 mai dira si la corporation ivoirienne du journalisme a su se donner le temps de se retrouver, ou si elle a simplement reporté d’une semaine une crise qu’elle n’a pas encore résolue.
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