Par AN | Lementor.net
La filière coco ivoirienne affiche ses ambitions sur la scène internationale. À l’occasion du Salon International de l’Agriculture 2026 à Paris, la Côte d’Ivoire, invitée d’honneur, a consacré une journée spéciale à ce secteur stratégique, marquée par un side-event réunissant autorités publiques, opérateurs privés et partenaires européens.
Cette initiative s’inscrit dans la dynamique engagée par l’État ivoirien pour repositionner la filière coco parmi les moteurs agricoles du pays. Depuis 2025, le gouvernement a élargi le champ d’action du Conseil Hévéa-Palmier à Huile-Coco à cette filière, traduisant une volonté affirmée de structuration et de régulation.
Organisée le 24 février 2026 à l’hôtel Novotel Paris Porte de Versailles, la rencontre était présidée par le ministre Félix Anoblé, en présence de plusieurs personnalités ivoiriennes, dont l’ambassadeur Ali Touré, ainsi que des représentants du secteur privé et des importateurs européens.
En ouvrant les échanges, le président du conseil d’administration du CHPC a rappelé que l’objectif principal de l’institution est de dynamiser la filière coco tout en prenant en compte les attentes des acteurs, dans un cadre mieux organisé et piloté par les autorités agricoles.
Prenant la parole à sa suite, le directeur général Edmond Coulibaly a détaillé le rôle central du CHPC en tant qu’organe de régulation et de développement. Il a mis en avant les performances de la filière ivoirienne, qui se positionne comme premier exportateur africain de noix de coco et de ses dérivés vers l’Europe.
Chaque année, entre 125 000 et 200 000 tonnes de noix sont exportées, auxquelles s’ajoutent près de 37 000 tonnes d’huile de coco. Le verger national couvre environ 31 000 hectares, pour un chiffre d’affaires estimé à 9 milliards de FCFA, porté en grande partie par des petites et moyennes entreprises locales.
Au-delà des chiffres, le responsable a insisté sur les missions du CHPC, notamment l’agrément des opérateurs, la régulation des contrats commerciaux, la sécurisation des financements internationaux et l’encadrement des activités de production et de commercialisation. L’accent est également mis sur la transformation locale et la valorisation des sous-produits du cocotier.
Les partenaires européens présents venus d’Allemagne, d’Italie, de Belgique, de France et des Pays-Bas ont salué l’initiative, estimant qu’elle permet de mieux comprendre l’organisation du secteur et de renforcer la confiance dans les relations commerciales avec les acteurs ivoiriens.
Du côté des exportateurs locaux, plusieurs préoccupations ont été soulevées. Parmi elles figurent les tensions avec certains transporteurs maritimes, les risques liés à la fraude sur la qualité des produits et les différends commerciaux, notamment les impayés.
Face à ces défis, le directeur général du CHPC a assuré que des mécanismes seront progressivement déployés pour mieux encadrer les transactions. Il a également invité les partenaires étrangers à se rendre en Côte d’Ivoire afin de découvrir la chaîne de valeur et constater les efforts engagés par les autorités.
Parmi les mesures annoncées figurent la formalisation des échanges commerciaux, un contrôle rigoureux des opérateurs agréés, la mise en place de dispositifs de contrôle qualité à l’export comme à l’import, ainsi que l’assainissement de l’environnement des affaires dans la filière.
En conclusion, Félix Anoblé a affirmé la volonté du gouvernement de rompre avec un modèle basé uniquement sur l’exportation de matières premières. L’ambition est désormais de faire du coco un levier de développement durable, à l’instar de l’hévéa et du palmier à huile, tout en garantissant des revenus plus stables aux producteurs face aux nouvelles exigences environnementales, notamment européennes.
La rencontre s’est achevée par des échanges directs entre autorités et opérateurs, illustrant une volonté commune de bâtir une filière plus structurée, compétitive et tournée vers la transformation locale.
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