Par AN | Lementor.net
Entendu le 15 avril 2026 par le conseil de discipline du PPA-CI après sa candidature controversée aux législatives de décembre 2025, un ancien premier vice-président du parti fondé par Laurent Gbagbo a tenté de justifier sa position dans un document interne.
Ce mémo de cinq pages, consulté en exclusivité, revient en détail sur les motivations de cette candidature, en contradiction avec la ligne officielle du parti qui avait opté pour le boycott du scrutin.
Dans ce document adressé aux membres du conseil de discipline, l’ex-dirigeant affirme d’emblée sa loyauté envers le PPA-CI, rejetant toute volonté de défiance vis-à-vis de la hiérarchie. Il insiste sur la constance de son engagement politique, rappelant son rôle de membre fondateur après la dissolution de son ancienne formation à l’appel de Laurent Gbagbo.
L’intéressé met en avant un parcours militant marqué par des actions de terrain et des sacrifices personnels, évoquant notamment des missions à risques dans certaines régions du pays. À ses yeux, cet engagement de longue date témoigne de sa fidélité à l’idéologie et aux combats du parti.
Une décision en rupture assumée mais expliquée
Concernant sa participation aux législatives, il reconnaît un décalage avec la décision du Comité central du 6 novembre 2025. Toutefois, il souligne qu’en amont, une instance stratégique du parti s’était majoritairement prononcée en faveur d’une participation au scrutin, rendant le revirement difficile à comprendre.
S’appuyant sur des prises de position antérieures de Laurent Gbagbo en faveur de la participation électorale, il affirme avoir agi par conviction politique. Selon lui, boycotter ces élections exposait le parti à un recul significatif sur l’échiquier national.
L’ancien responsable estime que l’absence du PPA-CI lors de ces législatives a contribué à la perte de plusieurs bastions politiques au profit du parti au pouvoir. Il avance également que sa candidature répondait à une attente de ses bases locales, soucieuses de ne pas rester sans représentation.
Une « alerte politique » plutôt qu’un acte d’indiscipline
Dans son argumentaire, il rejette toute ambition personnelle, qualifiant sa démarche de « signal d’alerte » face à ce qu’il considère comme un affaiblissement progressif du parti.
Il reconnaît néanmoins que son initiative a pu être perçue comme une entorse à la discipline interne. À ce titre, il dit assumer les conséquences de ses actes et rappelle avoir déjà présenté ses excuses au président du parti.
Loin de toute revendication de poste, il affirme être prêt à poursuivre son engagement en tant que simple militant, tout en se disant disposé à contribuer à toute initiative de réconciliation interne.
Vers une sortie de crise ?
En conclusion, l’ex-premier vice-président plaide pour une lecture nuancée de son cas, invitant le conseil de discipline à tenir compte de sa bonne foi et de son attachement au parti.
Il espère que cet épisode contribuera, au-delà des tensions, à renforcer la cohésion interne, la discipline et la maturité politique du PPA-CI dans la perspective des échéances à venir.
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