La rédaction | Lementor.net
Il y a quelque chose de beau dans cette histoire. Deux Ivoiriens, même club, même championnat, même liste. Guéla Doué et Martial Godo figurent tous deux parmi les onze finalistes du Prix Marc-Vivien Foé 2026 — la distinction décernée chaque année au meilleur joueur africain évoluant en Ligue 1 française. Deux Éléphants sous les couleurs du RC Strasbourg. Le lauréat sera connu le 11 mai.
Ce n’est pas un hasard. C’est le résultat de deux saisons solides, construites différemment mais avec la même exigence.
Guéla Doué a 23 ans. Frère aîné de Désiré Doué, le prodige du Paris Saint-Germain, il aurait pu vivre dans l’ombre de cette comparaison familiale. Il a choisi de tracer sa propre route. Arrière droit titulaire indiscutable à Strasbourg, il s’est imposé comme l’un des meilleurs à son poste en Ligue 1 cette saison — 21 matches, 2 buts, 6 passes décisives pour un défenseur. Des chiffres qui font parler. Son coéquipier Habib Diarra le décrivait comme « le plus gros bosseur de l’équipe ». Sérieux, constant, discret dans les mots mais éloquent sur le terrain.
Martial Godo, lui, est une autre histoire. Né à Londres, formé à Margate Town en quatrième division anglaise — l’endroit où personne ne va chercher une future star. Il débarque à Strasbourg l’été dernier. Inconnu du grand public français. Huit buts en Ligue 1, 14 toutes compétitions confondues. Une passe décisive. Un ailier percutant, direct, qui a surpris tout le monde — à commencer par ceux qui n’avaient jamais entendu son nom six mois plus tôt. Ce genre de trajectoire ne s’invente pas.
Ensemble sur le flanc droit de Strasbourg, les deux Ivoiriens forment une association qui a contribué à l’une des belles saisons du club alsacien. Et en mars dernier, ils ont été convoqués ensemble par la FIF pour les matches amicaux des Éléphants contre la Corée du Sud et l’Écosse. La Côte d’Ivoire les regarde. La Côte d’Ivoire est fière.
La concurrence est sérieuse. Pierre-Emerick Aubameyang vise un troisième sacre historique — il a déjà gagné en 2013 et en 2024. Lamine Camara, Moussa Niakhaté, Bamba Dieng pour le Sénégal. Aïssa Mandi et Ilan Kebbal pour l’Algérie. Hervé Koffi et Arsène Kouassi pour le Burkina Faso. Mamadou Sangaré pour le Mali. La liste est relevée.
Mais la Côte d’Ivoire sait ce que ce prix représente. Cinq victoires au palmarès — Gervinho deux fois en 2010 et 2011, Jean Michaël Seri en 2017, Nicolas Pépé en 2019, Seko Fofana en 2022. Une tradition d’excellence que Doué et Godo ont maintenant la chance de perpétuer. Le 11 mai, le verdict tombera. D’ici là, le simple fait que deux Ivoiriens du même club soient finalistes ensemble mérite qu’on s’y arrête. Ça ne s’était pas vu depuis longtemps. Et ça dit quelque chose sur l’état du football ivoirien en Europe — pas seulement quelques stars isolées, mais une présence, une constance, une culture de la performance qui se transmet.
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