AN | Lementor.net
Ce mercredi 13 mai 2026, Donald Trump est arrivé à Pékin pour sa première visite en Chine depuis 2017. L’accueil à l’aéroport international de Pékin était à la mesure des enjeux : cérémonie protocolaire complète, déploiement de drapeaux américains et chinois, Vice-Président Han Zheng au pied de l’escalier d’Air Force One. Mais ce n’est pas la pompe qui retient l’attention du monde ce mercredi. C’est la liste des passagers qui ont accompagné le président américain.
Tim Cook, PDG d’Apple, dont les usines chinoises assemblent l’essentiel des iPhone vendus dans le monde. Elon Musk, PDG de Tesla et SpaceX, dont la gigafactory de Shanghai est la plus productive du groupe. Kelly Ortberg, PDG de Boeing, qui espère débloquer des commandes d’avions bloquées depuis que Pékin a imposé des taxes douanières de 125% sur les produits américains en représailles aux tarifs de 145% imposés par Washington en 2025. Larry Fink de BlackRock, David Solomon de Goldman Sachs, Jane Fraser de Citigroup. Des dirigeants de Mastercard, Visa, GE Aerospace, Qualcomm, Micron, Meta. Plus d’une douzaine de PDG des plus grandes entreprises américaines.
Et Jensen Huang de Nvidia, en dernière minute. C’est la décision la plus significative de toute la composition de la délégation. Huang n’était pas sur la liste initiale. Il a rejoint le groupe lors d’une escale à Anchorage en Alaska, montant à bord d’Air Force One comme dans un film. Sa présence n’est pas anodine. Nvidia est au cœur du différend technologique le plus profond entre Washington et Pékin. Ses puces H100 et H200, les plus avancées du marché mondial, sont soumises à des restrictions d’exportation strictes vers la Chine depuis 2022. La Chine représentait jusqu’à 25% du chiffre d’affaires de Nvidia avant les sanctions. Elle en représente aujourd’hui moins de 5%. Huang a été public sur cette situation, déclarant que les restrictions ont largement produit leurs effets et que Nvidia a une part de marché proche de zéro en Chine pendant que les entreprises chinoises comme Huawei comblent le vide. Sa présence à Pékin dit que la question des puces sera au cœur des discussions.
Le programme du sommet, prévu sur 36 heures, couvre trois grands dossiers selon les sources de l’Élysée et de la Maison Blanche. Le premier est commercial : lever les barrières tarifaires qui bloquent les échanges bilatéraux depuis la guerre commerciale de 2025. Le deuxième est technologique : redéfinir les règles d’exportation des semi-conducteurs et de l’intelligence artificielle dans un cadre qui protège la sécurité nationale américaine sans priver les entreprises américaines d’un marché de 1,4 milliard de personnes. Le troisième est géopolitique : l’ombre de l’Iran plane sur le sommet. Trump espère que Xi Jinping, allié de Téhéran, usera de son influence pour pousser l’Iran à rouvrir le détroit d’Ormuz, fermé depuis le début du conflit américano-iranien, et à accepter un accord de paix. Les stocks iraniens de pétrole approchant la saturation, la fenêtre pour ce type de pression est étroite.
Ce que ce voyage signifie pour l’Afrique et pour la Côte d’Ivoire en particulier est à lire à deux niveaux. Le premier est énergétique. Tout accord entre Washington et Pékin sur le dossier iranien qui aboutit à la réouverture du détroit d’Ormuz ferait baisser les prix du pétrole, soulagant les économies africaines importatrices qui subissent depuis plusieurs semaines un super à 875 FCFA le litre à Abidjan. Le second est technologique. Un accord sur les puces Nvidia ouvrant le marché chinois pourrait accélérer la diffusion mondiale des technologies d’intelligence artificielle, dont la Côte d’Ivoire vient précisément de lancer sa stratégie souveraine. Des puces moins chères et plus accessibles bénéficient directement aux pays qui cherchent à construire leurs propres capacités numériques.
Le monde regarde Pékin ce 13 mai 2026 avec une intensité rare. Ce que Trump et Xi décideront dans les prochaines 36 heures façonnera les équilibres économiques mondiaux pour les mois qui viennent.
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