Par La rédaction | Lementor.net
Il y a des réunions institutionnelles qui ne sont que des formalités habillées en événements. Et il y a des réunions qui condensent en quelques heures le sens d’un travail accompli sur plusieurs années. L’Assemblée Générale Ordinaire de fin de mandat de la Fédération Ivoirienne de Football, tenue ces derniers jours à Abidjan, appartient clairement à la deuxième catégorie. Elle a été le moment de vérité d’un mandat entier, et cette vérité-là est encourageante.
Le président Yacine Idriss Diallo l’a dit lui-même à l’issue des travaux, avec la sobriété qui caractérise son style de gouvernance : notre institution se porte bien et les comptes ont été approuvés à 100%. Cette phrase courte porte en réalité un poids considérable. Approuver des comptes à 100% en Assemblée Générale, dans un environnement footballistique africain où les tensions financières entre fédérations et clubs sont souvent la norme, n’est pas un résultat banal. C’est le signal d’une confiance reconstruite, d’une transparence assumée et d’une gestion que les membres eux-mêmes ont validée sans réserve.
Cette Assemblée de fin de mandat s’inscrit dans une séquence institutionnelle cohérente. En novembre 2025, la FIF avait déjà tenu une Assemblée Générale Extraordinaire au ministère des Affaires étrangères à Abidjan-Plateau, au cours de laquelle le budget 2026 arrêté à 21,7 milliards de francs CFA avait été adopté à l’unanimité. Cette même assemblée avait également validé des ajustements statutaires majeurs, notamment la modification de l’article 118 des statuts pour fixer la date de l’élection présidentielle après la Coupe du Monde 2026, entre le dernier samedi de juin et les trois mois suivants au plus tard. Une décision sage, portée par une conviction claire exprimée par le président Diallo : il est important de préserver la sérénité autour de notre équipe nationale. L’Assemblée Générale Élective a depuis été officiellement fixée au 12 septembre 2026, offrant au football ivoirien un calendrier institutionnel lisible et stabilisé.
L’Assemblée de fin de mandat qui vient de se tenir est venue refermer la boucle de cette séquence en soumettant aux membres le bilan complet des quatre saisons 2022-2023 à 2025-2026. Ce bilan, présenté dans une note détaillée de la Commission des Finances, est d’une lisibilité exemplaire. Il distingue clairement les ressources versées aux membres, le fonctionnement de la fédération et les investissements en infrastructures. Il permet à chaque club de comprendre précisément ce que la FIF a fait de l’argent dont elle disposait et dans quelle proportion il en a bénéficié directement. Conformément aux engagements de redevabilité pris au début du mandat, les comptes annuels ont été certifiés sans réserve par le commissaire aux comptes et soumis à l’approbation de l’Assemblée, qui les a validés intégralement.
Les chiffres présentés racontent une trajectoire sans ambiguïté. Le nombre de clubs engagés dans les compétitions nationales est passé de 394 à 673 entre la saison 2022-2023 et la saison 2025-2026, soit une hausse de 71%. Le nombre de matches organisés a progressé de 125%, passant de 1 813 à 4 083. Le nombre de joueurs concernés a augmenté de 71%, de 11 820 à 20 190. Sur l’ensemble du mandat, l’effort fédéral structurel orienté vers le football local atteint 24,2 milliards de francs CFA, dont 16,64 milliards de subventions directes aux clubs. Près de 90% de l’enveloppe compétitions va à la pyramide locale, des Districts jusqu’à la Ligue 1. Ces données ne sont pas des projections. Ce sont des réalisations vérifiées, auditées et approuvées par l’instance souveraine de la FIF.
Au-delà des chiffres, cette Assemblée a été le théâtre d’une démonstration institutionnelle rare dans le football africain : celle d’une fédération qui rend des comptes volontairement, précisément et dans un climat que le président Diallo a lui-même décrit comme serein et constructif. Certains membres ont souhaité obtenir des documents supplémentaires non prévus statutairement. Le président a répondu avec transparence qu’il examinerait la possibilité de les mettre à disposition lors des prochaines assemblées. Ce dialogue ouvert entre la direction et les membres, cette capacité à entendre les demandes sans se braquer, est aussi un signe de maturité institutionnelle.
L’Assemblée a également été l’occasion de rappeler les réalisations historiques du mandat qui méritent d’être célébrées au-delà du cercle footballistique. La qualification simultanée des sélections U17 garçons et U17 filles pour leur Coupe du Monde respective en 2025, dont la première qualification féminine de toute l’histoire du football ivoirien, constitue une fierté nationale que le travail de reconstruction du football local a rendue possible. L’instauration du revenu minimum garanti pour les joueurs, la modernisation du Centre Technique National de Football, le lancement du programme de construction du nouveau siège fédéral : autant de chantiers engagés et assumés devant les membres.
La FIF se dirige vers son Assemblée Générale Élective du 12 septembre 2026 avec une institution assainie, des comptes approuvés, un football local relancé et une crédibilité internationale renforcée. Le mandat 2022-2026 aura été, selon les propres mots de la Fédération, le programme de reconstruction. Ce que cette Assemblée de fin de mandat confirme, c’est que la reconstruction a eu lieu, qu’elle a été conduite sérieusement, et que le football ivoirien aborde son prochain cycle avec des fondations qu’il n’avait plus depuis longtemps.
Leave a comment