Par La Rédaction | Lementor.net
Le Sénégal est au bord. Deux matches. Deux défaites. Zéro point. Une sélection qui portait les espoirs du continent et revendiquait un titre continental toujours en litige devant le TAS après la décision controversée de la CAF en faveur du Maroc, se retrouve dernière de son groupe avant la dernière journée avec une seule issue mathématiquement viable : battre l’Irak et espérer que les autres résultats lui soient favorables pour décrocher une qualification en tant que meilleur troisième.
Le match contre la Norvège au MetLife Stadium a raconté en quatre-vingt-dix minutes tout ce qui ne va pas dans cette sélection en ce moment. En première période, la Norvège a imposé son rythme, contrôlé les espaces, et profité d’une erreur de Kalidou Koulibaly, dont la mauvaise relance a offert à Marcus Pedersen le but de l’ouverture à la 43e minute. Dès la reprise, Haaland a pris les choses en main avec la froideur clinique d’un attaquant au sommet de sa forme. Un but à la 48e. Un deuxième à la 58e. Trois buts à zéro. Le match semblait plié.
C’est là qu’Ismaïla Sarr a rappelé ce dont le Sénégal est capable quand il se libère enfin de ses inhibitions. Réduction du score à la 53e, puis doublé dans le temps additionnel à la 90e+3 dans une tentative désespérée mais courageuse de revenir dans le match. Ce deux à trois final dit à la fois la qualité offensive dont ces Lions disposent et l’impuissance à la déployer quand l’enjeu est maximal dès le coup d’envoi.
Les problèmes du Sénégal dans ce Mondial ne sont pas techniques. Ils sont mentaux et collectifs. Une défense qui commet des erreurs individuelles grossières, un capitaine Koulibaly qui, à trente-cinq ans, montre les limites d’un leader en fin de cycle dans les moments décisifs, un Sadio Mané omniprésent dans les discours d’avant-match et quasi invisible dans le jeu. Cette équipe a le talent pour battre n’importe qui. Elle n’a pas encore trouvé la cohésion collective pour transformer ce talent en résultats.
Les problèmes ont aussi une dimension tactique. La Norvège a exploité systématiquement les espaces dans le dos de la défense sénégalaise, notamment dans les transitions rapides où Haaland a trouvé deux fois le moyen de se retrouver seul face à Mendy. Ces failles ne sont pas accidentelles. Elles reflètent une ligne défensive qui manque de coordination et de communication, un problème qui était déjà visible contre la France et qui s’est aggravé contre la Norvège. Pape Thiaw devra trouver des solutions à ce problème défensif structurel avant d’affronter l’Irak.
Le 26 juin à 19 heures GMT, le Sénégal affronte l’Irak. Ce n’est pas un adversaire insurmontable. L’Irak a perdu ses deux premiers matches tout comme le Senegal. Mais jouer contre une équipe sans enjeu est parfois plus difficile que jouer contre un adversaire qui se bat pour quelque chose. L’Irak n’a rien à perdre et peut jouer libéré de toute pression. Le Sénégal, lui, joue sa survie avec tout le poids psychologique que cela implique pour des joueurs qui ont déjà subi deux défaites consécutives.
Pape Thiaw devra trouver les mots pour sortir son groupe de l’état d’esprit d’une équipe qui doute d’elle-même. Redonner de la confiance à Mané. Libérer Lamine Camara et Pape Matar Sarr de la pression des cadres. Et surtout convaincre chaque joueur que l’histoire de ce Mondial n’est pas encore écrite. Elle ne l’est pas. Mais elle s’écrit vite. Et au rythme actuel, elle risque de s’achever bien avant ce que le Sénégal méritait d’espérer en arrivant ici.
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