La Rédaction | lementor.net
L’encre des sanctions du congrès des 14 et 15 mai n’est pas encore sèche que le PPA-CI enregistre une nouvelle défection. Zahi Olivier Zabo, représentant officiel du parti au Nigeria depuis sa nomination en juin 2022, a adressé le 15 mai 2026 depuis Abuja une lettre formelle de démission à Laurent Gbagbo. Il quitte simultanément ses fonctions et le parti.
Dans sa lettre, Zabo dit avoir servi le PPA-CI avec loyauté, engagement et conviction. Il ne précise pas les motifs exacts de son départ, mais le contexte ne laisse guère de place au doute. La radiation d’Ahoua Don Mello, figure respectée de la diaspora gbagboïste et qui comptait de nombreux relais à l’international, a visiblement provoqué un effet de rupture au-delà des frontières ivoiriennes. Don Mello n’était pas simplement un nom dans un organigramme. Il était, pour beaucoup de militants à l’étranger, un pont entre la direction du parti et le monde extérieur.
Cette démission depuis le Nigeria, pays d’Afrique anglophone le plus peuplé du continent, révèle quelque chose que les communiqués officiels ne peuvent pas masquer : les sanctions du congrès ont un coût diplomatique interne que le PPA-CI n’avait peut-être pas entièrement anticipé. Purger ses cadres à Abidjan, c’est une chose. Perdre ses représentants à l’international en est une autre. Ce sont les yeux, les oreilles et les bras du parti en dehors de la Côte d’Ivoire.
La Fête de la Renaissance qui se tient ce jour même à Songon M’Brathé se déroule donc dans une atmosphère plus complexe qu’il n’y paraît. En surface, un rassemblement de mobilisation, des foules, des discours, de la ferveur. En coulisses, un parti qui traverse une période de turbulences internes silencieuses mais réelles, et qui devra, dans les semaines qui viennent, trouver le chemin entre la discipline nécessaire et la reconstruction d’un réseau militant international que les sanctions viennent d’ébrécher.
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