Par La Rédaction | Lementor.net
Dans un pays où le mot réconciliation a été si souvent prononcé qu’il a parfois perdu de sa substance, les actes concrets ont une valeur particulière. Ce mercredi 3 juin, Simone Ehivet Gbagbo, ancienne Première Dame de Côte d’Ivoire, militante inlassable et figure de la résistance dans le camp Gbagbo lors des années les plus sombres, a rendu une visite de courtoisie à Dominique Ouattara au palais présidentiel d’Abidjan.
Le cadre officiel de cette rencontre est la Fête des Mères 2026, organisée à Aboisso dans la région du Sud-Comoé dont Simone Gbagbo est native. La Première Dame Dominique Ouattara avait conduit les célébrations dans cette région, avec des appuis matériels et des dons remis aux bénéficiaires. Simone Gbagbo est venue remercier pour ces initiatives en faveur des femmes du Sud-Comoé. C’est l’explication formelle. Elle est suffisante pour justifier la visite. Elle ne suffit pas à en épuiser le sens.
Deux femmes qui ont vécu la même décennie de violence politique depuis des bords opposés, dont les maris se sont affrontés pour le contrôle du pays au prix de milliers de morts, qui ont chacune porté le poids de cette histoire dans leur chair et dans leur réputation, se retrouvent aujourd’hui dans le même salon pour échanger sur le bien-être des femmes ivoiriennes. Ce n’est pas rien. Ce n’est pas la réconciliation nationale accomplie. Mais c’est une image que la Côte d’Ivoire d’il y a quinze ans n’aurait pas pu produire.
Dominique Ouattara a dit avoir apprécié cette marque d’attention. Elle a souligné l’importance de poursuivre les efforts en faveur de l’autonomisation des femmes. Simone Gbagbo a salué les initiatives entreprises à Aboisso. Ces mots sont mesurés, diplomatiques, volontairement dépourvus d’aspérités. Mais leur existence même est déjà un message.
Leave a comment