Par La Rédaction | Lementor.net
Un mois s’est écoulé depuis les démolitions du 3 juin 2026 au quartier Campement de Koumassi. Un mois pendant lequel Alloui Brou Jacques a été arrêté, déféré à la Section antiterroriste du Tribunal de première instance, et mis sous mandat de dépôt. Un mois pendant lequel le procureur de la République a publié deux communiqués, l’Observatoire du Barreau a ouvert une permanence juridique gratuite, la HABG a lancé sa propre enquête, et le gouvernement a exprimé sa solidarité envers les victimes. Et pourtant, selon le chef coutumier du quartier Nanan Marcellin Koffi, pas une famille sinistrée n’a reçu la moindre aide financière.
Sa déclaration est d’une gravité qui mérite d’être prise au sérieux. Selon lui, une enveloppe de 100 millions de francs CFA aurait été mobilisée par le ministère de la Solidarité. Des annonces ont été faites. Des communiqués ont circulé. Mais sur le terrain, personne n’a reçu quoi que ce soit. Ni l’État ni la mairie ne nous ont remis une aide. Ces mots, prononcés par le représentant traditionnel d’une communauté qui a tout perdu le 3 juin, ne sont pas une attaque politique. Ce sont le constat amer d’un homme qui défend les intérêts des familles de son quartier.
Des riverains affirment avoir entendu parler de remises de chèques dans d’autres secteurs sans que les sinistrés de Koumassi Campement en profitent. Cette information, si elle est confirmée, soulève une question grave sur la traçabilité et l’équité de la distribution des aides d’urgence. Des centaines de familles vivent encore dans des conditions précaires, certaines hébergées dans des établissements scolaires ou chez des proches. Ce n’est pas une situation acceptable un mois après l’événement.
Nanan Marcellin Koffi dit avoir choisi de s’exprimer publiquement pour attirer l’attention des plus hautes autorités. Il lance un appel au président de la République pour qu’une réponse soit apportée aux familles qui attendent toujours l’assistance promise. Son combat est celui de sa population. C’est le minimum qu’on puisse faire pour ceux qui ont tout perdu.
Cette polémique sur les aides dit quelque chose d’important sur les déficiences de la chaîne humanitaire d’urgence en Côte d’Ivoire. Quand une catastrophe survient, les annonces d’aide sont rapides. Les communiqués sont nombreux. Les visites officielles ont lieu. Mais l’argent ne descend pas toujours jusqu’aux victimes, ou ne descend pas jusqu’aux bonnes victimes, dans les délais qui rendraient l’aide utile. C’est un problème de gouvernance humanitaire que le gouvernement doit résoudre structurellement, pas seulement dans l’affaire Koumassi.
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