Par La Rédaction | Lementor.net
Serguéi Lavrov a reçu Macky Sall à Moscou. La rencontre s’inscrit dans la campagne de l’ancien président sénégalais pour le poste de Secrétaire général des Nations Unies dont le mandat d’António Guterres expire le 31 décembre 2026. Macky Sall a exprimé lors de cette rencontre sa volonté de réformer l’ONU pour assurer une exécution plus efficace de ses missions.
Cette étape moscovite est incontournable dans toute candidature sérieuse au secrétariat général. La Russie est membre permanent du Conseil de sécurité. Elle dispose d’un droit de veto sur la sélection du prochain Secrétaire général. Sans son aval ou au moins son abstention bienveillante, aucune candidature africaine ne peut aboutir. Macky Sall fait le tour des capitales qui comptent et Moscou figure en bonne place sur cette liste.
Le contexte de cette rencontre mérite d’être lu avec précision. La Russie et le Sénégal n’entretiennent pas de relations diplomatiques particulièrement denses. Moscou est infiniment plus proche des juntes sahéliennes, au Mali via l’Africa Corps, au Burkina et au Niger via ses réseaux d’influence, que du Sénégal démocratique de Diomaye Faye. Recevoir Macky Sall n’est donc pas un geste d’amitié automatique. C’est un calcul. La Russie veut savoir ce que ce candidat africain fera à la tête de l’ONU, notamment sur les dossiers ukrainien et gazaoui qui mobilisent son attention diplomatique constante.
Macky Sall a son propre calcul dans cette étape. Il cherche à neutraliser le veto russe potentiel avant que la compétition ne s’intensifie à l’automne. Une Russie qui ne s’oppose pas activement à sa candidature est une Russie qui laisse le processus se dérouler. C’est suffisant à ce stade. Il n’a pas besoin d’un soutien actif de Moscou. Il a besoin d’une non-obstruction.
Sa vitesse de déplacement depuis sa visite à Dakar le 17 juillet est frappante. En moins de dix jours, il a obtenu le soutien officiel du Sénégal annoncé par le ministère des Affaires étrangères le 20 juillet, effectué une étape à Abidjan où des distinctions lui ont été remises, et rencontré Lavrov à Moscou. Il travaille sa candidature avec l’énergie de quelqu’un qui sait que la fenêtre est courte. Les autres candidats au poste font de même dans leurs propres capitales.
Ce qui manque encore à Macky Sall pour être compétitif est le soutien collectif de l’Union africaine. En mars 2026, l’UA avait refusé d’endosser sa candidature, plusieurs pays membres s’y étant opposés. Le Burundi avait compensé en portant officiellement sa candidature. Depuis l’annonce du soutien de Dakar le 20 juillet, la dynamique a changé. Mais une candidature portée par son seul pays d’origine sans position commune africaine reste fragile face à des compétiteurs qui peuvent mobiliser des blocs régionaux entiers. La rencontre avec Lavrov dit qu’il travaille les marges. Ce qui décidera tout, c’est ce qui se passera à l’UA dans les semaines qui viennent.
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