Par La Rédaction | Lementor.net
Ce lundi 7 septembre 2026, le processus de fermeture administrative de l’ex-Commission électorale indépendante a été officiellement enclenché. La passation de charges entre le secrétaire général sortant Kouassi Éloge Macaire et le liquidateur désigné Lassana Sylla, administrateur des services financiers, a été supervisée en personne par Gilbert Koné Kafana, Haut représentant du Président de la République, sous le regard du ministre de l’Économie Adama Coulibaly au siège de l’ex-CEI à Cocody-Les II Plateaux. Bien que dissoute le 6 mai 2026, la commission avait poursuivi ses activités en mode de gestion des affaires courantes pendant 124 jours dans l’attente d’un liquidateur. Ce vide institutionnel que lementor.net avait documenté à plusieurs reprises est désormais comblé.
La nomination de Lassana Sylla comme liquidateur met fin à une période d’incertitude qui fragilisait la crédibilité de la réforme électorale engagée par le gouvernement Beugré Mambé. Sa mission est précise et techniquement complexe : clore administrativement et financièrement l’institution, apurer les dettes, liquider les actifs, archiver les documents et préparer la transmission des informations nécessaires aux nouvelles structures. L’ex-CEI avait des bureaux dans toutes les régions de Côte d’Ivoire, des équipements informatiques liés aux listes électorales contenant des données biométriques de plusieurs millions d’électeurs et des personnels dont le devenir administratif doit être réglé selon les normes du droit public. La complexité de chacun de ces dossiers explique en partie le délai de 124 jours entre la dissolution du 6 mai et la désignation effective du liquidateur.
La surveillance personnelle de Gilbert Koné Kafana sur cette passation de charges dit l’importance politique que la présidence de la République attache à cette transition. Kafana est l’homme des réorganisations sensibles dans l’appareil d’État ivoirien. Sa présence à cette cérémonie dit que la liquidation de l’ex-CEI n’est pas une simple formalité administrative déléguée à des techniciens. C’est un acte politique dont les conséquences sur l’architecture électorale du pays justifient une supervision au plus haut niveau.
La nouvelle architecture électorale tripartite proposée par Beugré Mambé doit associer gouvernement, opposition et société civile dans la gestion des élections. Ce modèle s’inspire de pratiques qui ont produit des résultats dans d’autres pays africains où l’indépendance de la commission électorale était plus affichée que réelle. Les municipales de 2027 seront le premier test grandeur nature de cette nouvelle architecture. Elles arriveront dans un calendrier politique chargé où le PDCI attend son verdict judiciaire le 22 octobre, où le PPA-CI cherche à reconstituer sa présence territoriale et où le RHDP veut confirmer les gains des législatives de décembre 2025. La liquidation de l’ex-CEI ce 7 septembre dit que l’horloge de cette transition a officiellement commencé à tourner. Ce qui reste à savoir est si la nouvelle architecture sera opérationnelle dans les délais que ce calendrier impose.
Leave a comment