Par La Rédaction | Lementor.net
Ce mardi 8 septembre 2026, Abidjan accueille les représentants de huit pays africains réunis autour de la question centrale du dividende démographique. Ce forum continental confirme le statut d’Abidjan comme capitale de référence pour les grandes réflexions sur les politiques de population et de développement en Afrique de l’Ouest. La Côte d’Ivoire avec ses 30 millions d’habitants dont plus de 40 % ont moins de 15 ans est directement et profondément concernée par les enjeux discutés dans cette enceinte.
Le concept de dividende démographique désigne le potentiel de croissance économique que produit une structure de population favorable caractérisée par une large proportion d’actifs et une dépendance démographique réduite. Il se réalise concrètement quand les investissements dans l’éducation, la santé reproductive et la création d’emplois arrivent à transformer la jeunesse nombreuse en force productive plutôt qu’en passif social. Pour l’Afrique de l’Ouest qui connaît la croissance démographique la plus rapide au monde avec des taux de fécondité encore élevés dans plusieurs pays, cette transformation n’est pas automatique. Elle exige des politiques cohérentes, financées et maintenues sur des décennies dans un contexte où les pressions budgétaires à court terme tendent à sacrifier les investissements de long terme dans le capital humain.
La Côte d’Ivoire présente un cas d’étude particulièrement riche pour ce type de forum. D’un côté, elle affiche une croissance économique soutenue autour de 6 % par an, une valeur ajoutée manufacturière de 12,26 milliards de dollars qui la place au 5ème rang africain et un groupe consultatif qui a mobilisé 47 820 milliards de FCFA en juillet 2026. De l’autre, elle doit gérer 32 355 élèves non affectés à la rentrée 2026-2027, un déficit documenté de structures scolaires dans les communes populaires d’Abidjan et un taux de décrochage scolaire qui prive chaque année des milliers de jeunes des compétences nécessaires pour accéder à l’économie formelle. Ces deux réalités coexistent et disent l’ampleur du défi : une économie qui croît sans que cette croissance soit encore assez inclusive pour capturer le dividende démographique potentiel.
Les huit pays réunis à Abidjan ce 8 septembre partagent des défis similaires avec des dotations en ressources et des choix politiques différents. Le partage d’expériences entre pairs africains produit souvent des enseignements plus directement applicables que les recommandations des institutions internationales dont les modèles sont conçus dans des contextes démographiques et économiques radicalement différents. Ce que le Ghana a appris sur la scolarisation des filles dans les zones rurales intéresse directement la Côte d’Ivoire. Ce que le Sénégal a expérimenté avec ses bourses de sécurité familiale conditionnelles à la scolarisation des enfants dit quelque chose sur les leviers comportementaux qui maintiennent les enfants dans le système éducatif. Et ce que le Rwanda a construit en matière de planification familiale dans un contexte culturel africain dit les conditions de possibilité d’une transition démographique accélérée. C’est la valeur ajoutée de ce forum qu’Abidjan a choisi d’accueillir en ce début de septembre 2026.
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