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Ivoirien nouveau, culture et émergence

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En Afrique, tous les concepts culturels qui ont été initiés par les politiques ont échoué, car non fondés sur des objectifs de développement. Analysant les pesanteurs de la culture africaine sur la performance de l’entreprise en Afrique, le président Marcel Zadi Kessy a relevé huit forces négatives qui tirent la société vers le bas. Je voudrais les proposer au lecteur pour appréciation.

La tradition communautaire

L’esprit communautaire constitue la clé de voûte de l’édifice social africain. La principale préoccupation semble être le maintien d’un équilibre social et d’une justice ré-distributive plutôt que la considération des réalisations économiques individuelles. L’impôt communautaire payé au système de solidarité limite la capacité d’épargne du travailleur africain.

Le mythe du chef

En Afrique, le chef n’est pas contredit par ses sujets. En entreprise, au cours des réunions des comités de direction, les collaborateurs n’osent pas exprimer clairement leurs points de vue, privant le manager de contributions positives souhaitées. Certains chefs d’entreprise qui ont une conception archaïque du leadership se considèrent comme des demi-dieux.

La gestion du temps

Dans la conscience de la majorité des Africains, le temps ce n’est pas de l’argent. En entreprise, le temps c’est de l’argent. Les résultats se réalisent dans le temps, et le temps de travail est limité. Les pertes de temps, donc d’argent relèvent de l’ordre normal pour les Africains, ce qui n’est pas compatible avec les valeurs de l’entreprise moderne.

Le sacré

Pour beaucoup d’Africains, la réussite sociale ou la carrière au sein de l’entreprise dépend de l’action des forces occultes. Certains travailleurs africains pensent que leur destin professionnel est lié au pouvoir magique. Ils s’adonnent donc aux pratiques fétichistes au lieu d’investir leurs forces et leur énergie dans le travail, la recherche du savoir. Ils manquent ainsi d’améliorer leur productivité dont l’entreprise a tant besoin pour son développement.

La tradition orale et l’absence d’écriture

Les conséquences néfastes de la tradition orale dans l’entreprise sont entre autres, l’imprécision des objectifs assignés aux collaborateurs, l’absence de goût pour la lecture des documents de gestion et des notes de service, les difficultés de rédaction, la conception vague et approximative du budget, les difficultés de prise de notes.

La culture du secret

Dans l’Afrique traditionnelle, les affaires les plus importantes de la communauté ne sont pas étalées au grand jour. Elles sont entourées de secret. Il en est de même pour certains types de formation. Dans l’entreprise moderne, l’art du secret à l’africaine conduit à la rétention d’informations, au manque de communication. Ici le secret n’a rien à avoir avec la veille stratégique.

Le conformisme

En Afrique traditionnelle, il ne vient jamais à l’esprit d’un apprenti (forgeron, tisserand, berger, tanneur) de remettre  en cause les enseignements reçus de son maître. L’apprenti ne fait pas appel à son génie créateur, ni à sa curiosité pour déboucher sur des innovations dans le métier. Or l’entreprise a besoin d’innovations pour se développer.

Le droit d’aînesse

Le respect de l’âge est un des principes clés de l’éducation que reçoivent les enfants en Afrique. Les plus âgés ne doivent pas être offensés, ni contredits. Comme conséquence de cet état d’esprit, en entreprise, le respect de l’âge va quelquefois donner lieu à des formes de rapports qui se superposent à l’ordre hiérarchique formel établi.

Alors comment un pays comme la Côte d’Ivoire dont la culture est caractéristique de la situation décrite ici par l’auteur de « Culture africaine et gestion de l’entreprise moderne » peut-elle insérer la question de la culture dans sa stratégie d’émergence ? Avec quelle culture, avec quels comportements devrions-nous affronter les marchés ? Le Japon et la Chine ont pu s’imposer sur les marchés globalisés par une culture forte, dépouillée de tout mimétisme et de tout complexe. L’entreprise étant le moteur de la création de richesse, l’Ivoirien nouveau exige une relecture de notre culture pour l’adapter aux exigences du développement par les marchés. Nous devrions pouvoir positiver certaines de nos valeurs culturelles pour qu’elles puissent porter sur le long terme des projets ambitieux pour notre communauté. Nos politiques, nos intellectuels et nos experts doivent nous y conduire.

Camara  Loukimane

Expert financier, directeur général de la sicogi, auteur de « marchés, gouvernance et pauvreté : le cas de la côte d’ivoire », ed. l’harmattan 2013

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