La Rédaction | Lementor.net
Il y a des hommages qui viennent des institutions et qui restent dans les institutions. Et puis il y en a d’autres qui touchent parce qu’ils disent quelque chose de vrai sur l’homme qui vient de partir. Celui de Dominique Ouattara, Première Dame de Côte d’Ivoire, publié dans les heures qui ont suivi l’annonce du décès d’Abomé Léléfant ce lundi 18 mai, appartient à la seconde catégorie.
Elle n’a pas employé le vocabulaire habituel des communiqués de circonstance. Elle a parlé d’un artiste au grand cœur. Elle a mis en avant sa disponibilité, son amour des enfants, sa joie communicative. Des mots simples qui dessinent un portrait que ceux qui l’ont connu reconnaissent immédiatement. Anassin Boris Médard, dit Abomé Léléfant, n’était pas seulement un rappeur primé. Il était un homme de contact, un artiste qui n’avait pas construit de mur entre sa scène et son public, entre sa célébrité et sa rue.
Que la Première Dame, qui préside la Fondation Children of Africa et dont l’engagement pour la cause des enfants vulnérables est documenté depuis des décennies, ait choisi de mettre en avant précisément cette dimension de la personnalité d’Abomé, dit quelque chose. Ce rappeur de Koumassi, fils d’un musicien, formé dans les rangs de la Yôrô Gang de DJ Arafat, avait fait des enfants sa première fan base revendiquée. Il le disait lui-même. Il le prouvait dans les écoles, dans ses tournées, dans ses actions de sensibilisation contre les drogues menées en milieu scolaire dans les mois précédant sa mort.
La Côte d’Ivoire perd en quelques jours deux figures de sa scène musicale. Le chanteur Eddie est parti en premier. Abomé Léléfant a suivi. Deux disparitions rapprochées qui posent une question que le milieu culturel ivoirien ne peut plus éviter : combien d’artistes portent en silence des fragilités que les projecteurs ne voient pas et que les trophées ne révèlent pas ? La Première Dame a salué sa mémoire. Il reste maintenant à la société ivoirienne, à ses institutions culturelles et à ses structures de santé, de répondre à la question que sa mort soulève.
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