La rédaction | Lementor.net
Ce mercredi 22 avril 2026 à 10 heures, Antoine Assalé Tiémoko se présente au Service des enquêtes générales de la Préfecture de police d’Abidjan. Maire de Tiassalé, ancien député et président du mouvement politique Aujourd’hui et Demain, la Côte d’Ivoire (ADCI), il répond à une convocation officielle signée du commissaire Coulibaly, sur instruction du procureur de la République Koné Braman Oumar. Le document, référencé 542/MIS/DGPN/DGA-CSP/PPA/SEG et daté du 20 avril 2026, a été remis le soir même à sa permanence de Cocody à 19 heures 44 minutes. Il précise que l’intéressé doit se présenter accompagné de son conseil, conformément à l’article 90 nouveau du Code de procédure pénale.
À ce stade, les motifs de cette convocation n’ont pas été rendus publics par le parquet, ce qui est conforme à la pratique judiciaire ivoirienne en phase préliminaire d’enquête.
Dans ce contexte, des activistes identifiés comme proches du parti au pouvoir ont diffusé, la nuit du 20 au 21 avril, des publications affirmant qu’Assalé Tiémoko aurait rencontré lors d’un récent séjour en France des individus impliqués dans un projet de déstabilisation du régime. Ces affirmations, relayées sur les réseaux sociaux, n’ont fait l’objet d’aucune confirmation officielle du parquet ni des services de sécurité. Elles restent à ce stade des allégations non vérifiées.
Assalé Tiémoko a répondu publiquement, avec une franchise qui traduit autant le courage que l’inquiétude. Ne connaissant pas officiellement les faits qui lui sont reprochés, il s’est décrit comme un prisonnier ambulant, en référence à une longue série de pressions et de menaces qu’il dit subir depuis plusieurs mois. Il a posé la question directement : demain à l’issue de l’audition, retournerai-je en prison ou rentrerai-je chez moi ? Il a également rappelé qu’après une rencontre avec l’ancien président Laurent Gbagbo, une personnalité qu’il dit bien connaître l’avait appelé pour lui signifier qu’on allait lui faire payer cette rencontre. Des déclarations graves, que la justice aura à charge de confirmer ou d’infirmer.
Le profil de l’homme convoqué mérite d’être précisé. Journaliste de formation, fondateur du journal L’Éléphant déchaîné, maire de Tiassalé depuis 2018, il a multiplié les prises de position publiques sur des dossiers sensibles : la cherté de la vie, la gouvernance locale, les affaires foncières, notamment le dossier Komé Bakary. Il occupe l’espace public de l’opposition sans appartenir aux grands partis structurés, ce qui lui confère une visibilité particulière dans le paysage politique ivoirien.
La direction de l’ADCI a publié un communiqué signé du secrétaire exécutif Roger Youan, confirmant que son président répondra à la convocation dans le respect des lois de la République. Le mouvement maintient le cap sur sa rentrée politique du 2 mai 2026 à Tiassalé.
L’audition de ce matin permettra d’apporter les premières précisions sur la nature exacte de la procédure engagée. Jusqu’à ce que le parquet s’exprime, toute interprétation politique ou judiciaire de cette convocation reste prématurée.
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