Par La Rédaction | Lementor.net
Ce mardi 1er septembre 2026, lors de la Journée nationale du Cacao et du Café, le Conseil du Café-Cacao a dévoilé les prix bord champ de la nouvelle campagne qui s’ouvre officiellement ce jour. Comme l’avaient anticipé des sources citées par Reuters, le prix bord champ du cacao est maintenu à un niveau réduit pour la campagne 2026-2027. Cette décision dit l’état exact d’une filière qui sort d’une année de turbulences sans précédent et qui entame une nouvelle campagne dans un contexte de cours mondiaux encore incertains.
La campagne 2025-2026 avait commencé sous des auspices historiques. Le cacao avait atteint des sommets jamais vus, au-delà de 10 000 dollars la tonne sur les marchés internationaux à l’automne 2025. Ces niveaux exceptionnels avaient conduit le Conseil du Café-Cacao à fixer un prix garanti aux planteurs à 2 800 FCFA le kilogramme, le plus élevé de l’histoire de la filière ivoirienne. Mais les cours avaient ensuite corrigé brutalement au début de 2026, créant un écart douloureux entre le prix garanti aux planteurs et les prix auxquels les exportateurs pouvaient vendre sur les marchés mondiaux. Cet écart avait provoqué une paralysie partielle des exportations, un programme exceptionnel de rachat de 100 000 tonnes par le CCC pour 280 milliards de FCFA et une tension persistante dans la filière que plusieurs mois n’ont pas entièrement résolue.
Le maintien du prix à un niveau réduit pour 2026-2027 dit que le Conseil du Café-Cacao a tiré les leçons de cette expérience. Un prix bord champ trop élevé par rapport aux cours mondiaux crée des distorsions qui nuisent à l’ensemble de la filière : les exportateurs ne peuvent pas vendre, les stocks s’accumulent, les coopératives sont étranglées et les planteurs finissent par pâtir de l’engorgement malgré un prix garantí élevé sur le papier. Un prix bord champ calibré sur les cours mondiaux réels, même s’il est inférieur au pic de l’an dernier, est plus soutenable pour les exportateurs et plus sécurisant pour les planteurs dans la durée.
La Journée nationale du Cacao et du Café dit également où en est la filière sur ses grands chantiers structurels. La carte du producteur dont la distribution a été accélérée ces dernières semaines. Le Système national de traçabilité café-cacao entré en vigueur et dont la sensibilisation des acteurs se poursuit sur le terrain. Le Règlement européen sur la déforestation qui impose une certification de traçabilité avant la fin de l’année. Et la question non résolue des exportations illégales vers la Guinée documentées à hauteur de près de 100 000 tonnes. Ces quatre dossiers forment l’agenda réel de la nouvelle campagne. Le prix bord champ est la décision la plus visible. Ces quatre chantiers sont les plus déterminants pour l’avenir de la filière à dix ans.
Pour les plus d’un million de planteurs ivoiriens dont les revenus dépendent directement de ce prix garanti, la Journée nationale du Cacao est le moment le plus attendu de l’année agricole. Moins que le pic de 2025. Plus qu’ils ne le craignaient. Un prix qui permet de vivre sans permettre de s’enrichir. C’est le résumé le plus honnête de ce que cette campagne 2026-2027 apportera à ceux qui font vivre la première filière agricole du pays.
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