La rédaction | lementor.net
Elles n’ont pas passé le cap. Mais elles ont bataillé. L’élimination des Éléphantes U20 de Côte d’Ivoire aux portes de la Coupe du monde féminine U20 Pologne 2026 est une déception réelle, sincère, que les amoureux du football ivoirien ont le droit de ressentir pleinement. Il faut le dire avant tout : ces jeunes filles méritaient mieux. Elles méritent notre soutien, pas notre indifférence.
Le chemin parcouru mérite d’abord d’être rappelé. Pour atteindre ce dernier tour, les Éléphantes avaient éliminé successivement la Gambie, le Maroc et la République démocratique du Congo. Trois adversaires, trois victoires, un parcours qui témoigne d’une réelle progression dans une zone africaine où la concurrence est sévère. Ces résultats ne sont pas des accidents. Ils sont le fruit d’un travail sérieux conduit par le sélectionneur Mathieu Esposito avec un groupe composé à 22 joueuses évoluant sur le plan local et une seule expatriée, signe que le vivier intérieur commence à exister concrètement.
Le 3 mai 2026 au Stade Olympique Alassane Ouattara d’Ebimpé, les Ivoiriennes ont tenu tête au Bénin dans le match aller, obtenant un match nul 1-1 prometteur. Nadège N’Da avait ouvert le score à la 29ème minute, avant que le Bénin n’égalise six minutes plus tard. Tout restait ouvert pour le match retour.
Le 10 mai à Lomé, au stade de Kégué, la réalité du football africain s’est imposée avec brutalité. Les Guépardeaux béninoises, plus agressives, mieux organisées et réalistes devant le but, ont infligé un 4-1 sans appel. Hosane Soukou dès la 15ème minute, Romaine Yenido Gandonou à la 34ème. Le score final reflète l’écart d’une soirée difficile, pas la valeur d’un parcours.
Ce qui s’est passé à Lomé n’est pas un effondrement. C’est le tableau d’une équipe en construction qui a mesuré l’écart entre son niveau actuel et celui des meilleures nations africaines dans cette catégorie. Cet écart existe. Il est documenté. Mais il n’est pas une fatalité. Il est une information précieuse sur ce qui reste à construire, sur les carences à combler, sur les compétences techniques et tactiques à développer. Les équipes qui progressent sont précisément celles qui savent lire leurs défaites sans les nier.
Ces jeunes joueuses ivoiriennes ont représenté leur pays avec la dignité que le drapeau exige. Et dans l’effort, dans la résistance, dans les moments de jeu où elles ont montré leurs qualités, elles ont tracé le chemin de ce que le football féminin ivoirien peut devenir.
Le football féminin ne progresse nulle part sans soutien collectif. Des clubs qui investissent dans la formation. Des familles qui encouragent leurs filles à jouer. Des supporters qui remplissent les tribunes. Des médias qui couvrent les matchs avec la même attention que les rencontres masculines. Ce soutien, les Éléphantes en ont besoin. Pas seulement le jour des victoires. Surtout les jours comme celui-là.
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