La Rédaction | Lementor.net
Il y a des finales qu’on oublie le lendemain. Et il y en a d’autres qui restent des années dans la mémoire du football mondial. Ce dimanche 19 juillet 2026 à 21 heures GMT au MetLife Stadium de East Rutherford, New Jersey, l’Espagne de Lamine Yamal affronte l’Argentine de Lionel Messi. Yamal a 18 ans. Messi en aura 40 le 24 juin prochain. La jeunesse contre la légende. Le présent contre l’histoire. Cette finale-là, on ne l’oubliera pas.
Le chemin de l’Espagne vers cette finale dit ce qu’elle est vraiment : la meilleure équipe du tournoi sans discussion possible. Elle a battu le Japon deux buts à zéro en huitièmes, l’Australie deux buts à un en quarts, et la France deux buts à zéro en demi-finale le 14 juillet. Ce dernier résultat mérite d’être souligné parce que battre la France deux buts à zéro en demi-finale d’une Coupe du monde sans trembler n’est pas une performance banale. Oyarzabal a ouvert le score sur penalty à la 22e minute après une faute de Digne sur Yamal. Pedro Porro a doublé la mise à la 58e sur une action collective d’une fluidité remarquable avec Dani Olmo. La France de Mbappé n’a pas eu une seule occasion franche. Rodri a évolué dans un fauteuil. Ce niveau de maîtrise collective, de cohérence tactique et de qualité technique individuelle sur six matchs sans jamais fléchir dit une équipe au sommet de son art.
Luis de la Fuente a construit quelque chose de rare. Une génération entière à son apogée en même temps dans un système collectif qui n’écrase personne et sublime tout le monde. Lamine Yamal, 18 ans depuis le 13 juillet 2026, est le joueur du tournoi. Son association avec Dani Olmo au milieu offensif, Pedri qui distribue depuis l’axe, Rodri qui protège et organise, Morata ou Oyarzabal qui finissent : c’est un football d’une intelligence et d’une beauté que le Mondial 2026 n’avait pas encore vu avant l’Espagne. Yamal lui-même est un phénomène d’une génération. À 18 ans, jouer une finale de Coupe du monde avec cette sérénité, ce talent et cette influence sur le jeu de son équipe nationale est quelque chose que même Messi n’a pas fait à cet âge.
L’Argentine est arrivée en finale par un autre chemin, celui de la bataille et du caractère. Après avoir sorti le Canada un but à zéro en huitièmes, elle a battu la Suisse en quarts de finale trois buts à un après prolongation dans un match qui a failli lui échapper. Mac Allister avait ouvert le score de la tête sur corner de Messi à la 11e minute. La Suisse avait égalisé par Ndoye à la 67e. Embolo avait été expulsé à la 79e, laissant les Suisses à dix. Julián Álvarez avait alors scellé le score à la 112e minute d’un superbe tir enroulé avant qu’Otamendi ne marque le troisième en fin de prolongation. En demi-finale, l’Argentine a battu l’Angleterre de Thomas Tuchel dans ce qui a été le match le plus physique et le plus tendu de la phase à élimination directe, avec un but décisif de Mac Allister dans les dernières minutes du temps réglementaire.
Messi n’a pas dominé ce Mondial de la même façon qu’il avait dominé Qatar 2022. À 38 ans bientôt 39, il ne peut plus porter son équipe seul pendant quatre-vingt-dix minutes. Mais il joue différemment. Il organise. Il décide sur les actions décisives. Il frappe les coups de pied arrêtés avec une précision chirurgicale. Son corner pour le premier but d’Argentine contre la Suisse était une œuvre d’art. Et dans les moments de pression maximale, quand le match bascule et que l’équipe a besoin que son meilleur joueur prenne ses responsabilités, Messi est là. Toujours. C’est ce qui fait de lui le meilleur joueur de l’histoire. Pas seulement le talent. La présence dans les moments qui comptent.
Ce qui rend cette finale unique dans son contexte humain, c’est qu’elle est très probablement le dernier match de Coupe du monde de Lionel Messi. Il a déjà annoncé qu’il ne serait pas là dans quatre ans à la Coupe du monde 2030. Il a tout gagné avec l’Argentine : la Copa America 2021 en Colombie, la Copa America 2024 aux États-Unis, la Coupe du monde 2022 au Qatar. Ce soir, il peut devenir champion du monde pour la deuxième fois consécutive. Ce que cela signifierait pour l’histoire du football est indicible. Un joueur de 38 ans champion du monde deux fois de suite avec son pays. La dernière image d’une carrière qui a duré vingt ans au sommet.
Pour l’Afrique, cette finale dit aussi quelque chose. Le Maroc a atteint les quarts de finale avant d’être éliminé deux buts à zéro par cette même France que l’Espagne a ensuite battue. Aucune équipe africaine n’était en mesure de rivaliser à ce niveau de la compétition. Ce n’est pas un constat d’échec. C’est une mesure précise de la distance qui reste à parcourir. L’Espagne et l’Argentine jouent ce soir une finale de Coupe du monde avec des joueurs formés depuis l’enfance dans des systèmes de détection, de formation et de compétition d’une profondeur et d’une cohérence que le football africain n’a pas encore construits à cette échelle. Yamal à 18 ans en finale de Coupe du monde dit ce que quinze ans de travail à La Masia peut produire. L’Afrique a des Yamal. Elle n’a pas encore suffisamment de La Masia pour les former.
Coup d’envoi à 21h00 GMT. Une finale de légende attend.
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