Par AN | Lementor.net
Un important groupe chinois actif dans les secteurs de l’énergie, de l’eau et des infrastructures vient de renforcer ses discussions avec les autorités ivoiriennes en vue de nouveaux investissements dans le pays. La démarche s’inscrit dans le contexte du Plan national de développement 2026-2030, dont le groupe consultatif international prévu les 8 et 9 juillet à Abidjan doit mobiliser les financements nécessaires auprès de partenaires du monde entier.
Pour comprendre ce que représente concrètement cet intérêt chinois, il faut replacer la Côte d’Ivoire dans la cartographie des investissements de Pékin en Afrique de l’Ouest. La première économie de la sous-région, avec une croissance annuelle qui tourne autour de 6 à 7 %, un secteur privé dynamique, un port d’Abidjan qui est le premier de la région par les volumes traités, et une stabilité politique relative dans un environnement sous-régional chaotique, représente exactement le type de destination que les stratèges économiques chinois privilégient. L’énergie, l’eau et les infrastructures sont précisément les trois secteurs où les besoins ivoiriens restent les plus importants malgré les progrès enregistrés ces dernières années.
Ce mouvement s’inscrit dans une tendance plus large que les observateurs de la géopolitique africaine suivent avec attention. Alors que la France perd du terrain dans son ancienne chasse gardée ouest-africaine, que les États-Unis restent relativement absents des grands projets d’infrastructure, et que l’Allemagne et d’autres puissances européennes cherchent à repositionner leur présence sur le continent, la Chine avance méthodiquement, projet par projet, contrat par contrat. La Côte d’Ivoire, qui a jusqu’ici réussi l’exercice d’équilibre entre ses partenaires traditionnels et les nouveaux acteurs, devra continuer à naviguer avec précision dans ce jeu d’influences multiples pour que les investissements étrangers servent en priorité les intérêts de son propre développement.
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