Par La Rédaction | Lementor.net
La scène politique ivoirienne est agitée par deux sujets ce mercredi 22 juillet 2026. Le plus significatif est la convocation par Tidjane Thiam de la 20ème réunion du Bureau politique du PDCI-RDA pour le samedi 25 juillet à la Maison du Parti à Cocody. Le communiqué, signé le 20 juillet, précise que les membres du Bureau politique seront rejoints par ceux du Comité des Sages pour cette réunion. Cette inclusion du Comité des Sages dans une réunion ordinaire du Bureau politique n’est pas un geste protocolaire. C’est un signal de crise géré. On ne réunit pas les anciens en même temps que les dirigeants actuels quand tout va bien.
Les tensions internes au PDCI sont réelles et documentées. Les quotidiens ivoiriens les traduisent sans détour dans leurs unes de ce mercredi. L’Inter titre Tout s’accélère au PDCI, Thiam convoque un bureau politique. Aujourd’hui titre PDCI, un chef victimaire. Le Patriote affiche Pourquoi le PDCI tremble tant et crie au complot. Trois angles différents, trois lectures d’une même réalité : un parti qui cherche son équilibre interne à deux ans des municipales.
Les sources de ces tensions sont connues. Le Réseau d’Entraide Militant du PDCI a demandé un congrès extraordinaire et exprimé des critiques sur la gouvernance du parti, notamment sur l’absence prolongée de Tidjane Thiam. Les tensions locales comme celles de Tiassalé où le coordonnateur Alexis Amichia a mis publiquement en cause la membre du Bureau politique Kassi Yaba Félicie disent que l’autorité de la direction nationale ne descend plus jusqu’aux structures locales avec l’efficacité qu’elle devrait avoir. Et le recul aux législatives de décembre 2025, 32 sièges contre une soixantaine auparavant, a créé une frustration dans les rangs qui ne s’est pas dissipée.
Le second dossier qui anime la scène politique ce 22 juillet est moins grave mais révélateur d’une demande de redevabilité institutionnelle. La députée RHDP de Gohitafla Naya Jarvis a publiquement interpellé le ministre du Tourisme Siandou Fofana sur les retombées concrètes du Summer Tour de l’Olympique de Marseille à Abidjan du 15 au 18 juillet. L’élue souhaite connaître les objectifs de cette opération de promotion et les indicateurs qui permettront d’en mesurer l’impact sur le secteur touristique. Cette question, posée par une élue de la majorité présidentielle et non de l’opposition, dit que le principe même du contrôle parlementaire de l’action gouvernementale commence à s’exercer y compris au sein du camp présidentiel. C’est une saine évolution démocratique.
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