La Rédaction | Lementor.net
Le président Alassane Ouattara est rentré à Abidjan. L’information, confirmée dans les milieux proches de la présidence, clôt une période d’absence qui aura duré plus de dix jours, entre le sommet AfricaForward de Nairobi et une escale parisienne dont aucun agenda officiel n’a été rendu public. Pendant ce temps, le vice-Premier ministre Téné Birahima Ouattara avait assuré l’intérim, multipliant les audiences et confirmant que la machine gouvernementale continuait de fonctionner sans heurts apparents.
Mais une absence de cette durée, dans un contexte politique aussi chargé que celui que traverse la Côte d’Ivoire en ce mois de mai, ne se referme pas sans laisser quelques questions ouvertes.
La première est celle du contenu parisien. Un chef d’État africain ne passe pas par Paris sans rencontres. Qu’il s’agisse d’entretiens à l’Élysée, de consultations avec des partenaires financiers, de rencontres médicales ou de discussions discrètes avec des acteurs de la diaspora ou du milieu des affaires, Paris reste pour Alassane Ouattara une capitale de travail autant que de repos. L’absence totale de communication sur cette escale alimente naturellement les spéculations sur son état de santé, régulièrement mis en doute sur les réseaux sociaux, régulièrement démenti par des apparitions officielles. Ce déni de communication n’est pas une nouveauté dans la méthode Ouattara, mais il coûte à chaque fois un peu de crédit dans l’opinion.
La deuxième est celle du timing. Son absence coïncide avec une semaine particulièrement chargée sur le plan intérieur : le premier congrès du PPA-CI avec ses sanctions et ses radiations, la Foire nationale de l’emploi, la mort successive de deux artistes populaires, l’annonce de la date de la Tabaski dans un contexte de pénurie de bétail, la révélation des documents sur l’opération d’influence russe. Des dossiers qui auraient chacun justifié une présence présidentielle visible, un signal de pilotage depuis Abidjan. La délégation de pouvoir à Téné Birahima a fonctionné. Mais la symbolique de l’absence reste.
La troisième question est celle de la suite. Le président rentre dans un pays à dix-sept jours de la Coupe du Monde, avec une équipe nationale qui a des blessés dans son effectif, une opposition recomposée par son propre congrès, un dossier de réforme électorale qui divise, et une Tabaski dans cinq jours dont la gestion de l’approvisionnement en bétail teste la réactivité du gouvernement.
Alassane Ouattara est rentré. Son agenda de la semaine sera observé avec attention.
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