Par La rédaction | Lementor.net
La Côte d’Ivoire ne fait plus dans la demi-mesure. À travers son Programme national de développement 2026-2030, l’État ivoirien engage une transformation profonde de ses infrastructures de transport, avec en tête d’affiche un projet qui aurait semblé utopique il y a dix ans encore : un Train à grande vitesse reliant Abidjan à Ferkessédougou sur un corridor de 640 kilomètres, en traversant Yamoussoukro, Bouaké et Korhogo.
Ce n’est pas qu’un projet ferroviaire. C’est une nouvelle géographie du pays. Le ministre du Plan et du Développement, Souleymane Diarrassouba, a annoncé qu’Abidjan et Yamoussoukro pourraient être reliées en 45 minutes. Quarante-cinq minutes entre la capitale économique et la capitale politique. De quoi imaginer une tout autre organisation de la vie urbaine, où travailler à Abidjan et vivre à Yamoussoukro cesserait d’être un sacrifice quotidien pour devenir un choix raisonnable.
Ce projet structurant s’inscrit dans un programme bien plus large. Le Métro d’Abidjan, long de 37 kilomètres, verra son entrée en service confirmée pour 2029. Deux nouveaux aéroports internationaux sortiront de terre à San-Pedro et à Bondoukou. Le réseau routier national sera densifié avec plus de 1 000 kilomètres d’autoroutes et près de 6 800 kilomètres de routes bitumées à travers le territoire.
Derrière ces chiffres, une ambition clairement formulée : faire de la Côte d’Ivoire le carrefour logistique et économique de l’Afrique de l’Ouest, tout en rééquilibrant un développement trop longtemps concentré autour d’Abidjan. Le PND mise également sur l’émergence de pôles économiques régionaux, une industrialisation accélérée et une meilleure valorisation de la production locale.
Le coût de cette vision est estimé à 114 838,5 milliards de francs CFA sur cinq ans. Le financement repose sur une architecture volontairement ambitieuse : 30 % d’investissements publics, 70 % attendus du secteur privé. Pour mobiliser ces ressources, Abidjan accueillera les 8 et 9 juillet 2026 un Groupe consultatif de haut niveau réunissant la Banque mondiale, l’Union européenne, la Banque africaine de développement et le Système des Nations Unies. Le message envoyé aux investisseurs internationaux est limpide : la Côte d’Ivoire a un plan, un calendrier, et entend tenir les deux.
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