Par La Rédaction | Lementor.net
Ce vendredi 17 juillet 2026, quarante-six jours après les démolitions du 3 juin qui ont rasé le quartier Campement à Koumassi et laissé des centaines de familles sans toit, la Première dame Dominique Ouattara a procédé à la remise d’un don évalué à près de 60 millions de FCFA aux familles sinistrées. Par l’entremise d’une délégation conduite par sa directrice de cabinet Sylvie Patricia Yao, la cérémonie s’est tenue à la mairie de Koumassi en présence des autorités administratives, des élus locaux, des chefs traditionnels et religieux ainsi que des représentants des populations bénéficiaires.
Ce don est la première aide concrète, chiffrée et distribuée publiquement depuis le drame. Le chef coutumier Nanan Marcellin Koffi avait dénoncé début juillet que les 100 millions annoncés par le ministère de la Solidarité Belmonde Dogo n’avaient jamais été distribués aux sinistrés, que personne n’avait reçu quoi que ce soit. Il avait adressé un appel direct au chef de l’État. C’est finalement la Première dame qui répond, via sa fondation Children of Africa, par un geste humanitaire qui contourne les canaux ministériels qui avaient failli à leur mission depuis six semaines.
Ce que dit ce dénouement, c’est que la chaîne humanitaire d’urgence de l’État ivoirien a dysfonctionné pendant plus d’un mois avant que l’intervention présidentielle ne vienne débloquer une situation que les ministères compétents n’avaient pas résolue. Que des familles aient dû attendre quarante-six jours et l’interpellation publique de leur chef coutumier pour recevoir une aide d’urgence dit que les procédures de distribution des aides post-catastrophe ont un problème structurel qui dépasse l’affaire Koumassi.
Les 60 millions de la Première dame sont les bienvenus. Ils ne règlent pas tout. Les familles ont perdu leurs maisons, leurs commerces, leurs outils de travail. Soixante millions répartis entre des centaines de ménages représentent une aide symboliquement importante mais matériellement insuffisante pour reconstruire ce qui a été perdu le 3 juin. La question du relogement durable, des 12 000 logements annoncés par le chef de l’État à Songon et sur l’autoroute du nord, reste entière. Et l’instruction judiciaire contre Alloui Brou Jacques à la section antiterroriste du TPI d’Abidjan se poursuit, avec la question de l’arrêté de remblayage de 2021 signé par le ministre délégué Célestin Serey Doh toujours au cœur du dossier.
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