Par La Rédaction | Lementor.net
Une ambulance a quitté la chaussée sur l’autoroute du Nord en Côte d’Ivoire ce mercredi 26 août 2026, faisant sept victimes dont deux morts selon les pompiers. Le véhicule de secours transportait des passagers quand il a perdu le contrôle et dérapé de la chaussée. Les cinq blessés ont été pris en charge et évacués vers les structures sanitaires les plus proches dans les minutes suivant l’accident. Les circonstances précises de la sortie de route, vitesse excessive, défaillance mécanique, somnolence du conducteur, n’ont pas encore été communiquées officiellement par les autorités à l’heure de la publication.
Cet accident dit plusieurs choses simultanément sur l’état de la sécurité routière en Côte d’Ivoire. La première est la plus immédiate et la plus humaine : deux personnes sont mortes dans un véhicule précisément conçu pour sauver des vies. Cette ironie tragique résume à elle seule la dimension la plus cruelle de cet accident. Les cinq blessés survivants portent dans leur chair le rappel que chaque trajet sur une autoroute ivoirienne, même la plus moderne, reste une prise de risque que le comportement humain et l’état des véhicules transforment trop souvent en tragédie.
La deuxième dimension est structurelle. L’autoroute du Nord est l’une des infrastructures routières les plus modernes de Côte d’Ivoire. Elle relie Abidjan à Yamoussoukro sur plus de 200 kilomètres de chaussée rénovée, avec des échangeurs, des aires de repos et un revêtement entretenu qui représentait jusqu’à sa construction l’un des investissements routiers les plus importants du pays. Et pourtant les accidents continuent sur cet axe avec une régularité préoccupante. Ce que cela dit sur les comportements au volant, les excès de vitesse, l’état de fatigue des conducteurs de longue distance et la formation insuffisante d’une partie des conducteurs professionnels mérite d’être posé chaque fois qu’un drame de ce type survient. L’infrastructure seule ne suffit pas à produire la sécurité si les comportements qui s’y exercent restent les mêmes.
La troisième dimension est sectorielle et concerne directement le système de santé ivoirien. Une ambulance en service qui sort de route sur une autoroute dit l’état du parc de véhicules sanitaires nationaux. Les ambulances qui circulent en Côte d’Ivoire ne sont pas toutes dans des conditions mécaniques optimales. La pression sur ces véhicules, souvent mobilisés pour des déplacements urgents sur de longues distances, est documentée. Les délais d’entretien sont parfois dépassés faute de budget ou de pièces disponibles. Les conducteurs sont régulièrement soumis à des horaires qui dépassent les limites de sécurité. L’accident de ce mercredi invite à une réflexion sérieuse sur la politique nationale d’entretien du parc automobile sanitaire. Ce parc conditionne directement la qualité des secours apportés aux populations en situation d’urgence médicale. Deux morts dans une ambulance sur l’autoroute du Nord dit qu’il y a une urgence dans l’urgence qui mérite une réponse institutionnelle à la hauteur du drame.
La sécurité routière reste l’un des défis de développement les moins médiatisés de la Côte d’Ivoire. Les accidents de la route tuent chaque année plusieurs milliers de personnes sur le territoire national selon les données de l’OSER, l’Office de la sécurité et de la santé au travail et des accidents de la route. Ce chiffre dit que la route est l’une des premières causes de mortalité évitable dans le pays. Chaque accident grave qui survient sur une infrastructure moderne comme l’autoroute du Nord devrait produire une enquête, des conclusions et des mesures correctives documentées. Trop souvent, il produit seulement un communiqué des pompiers et passe à autre chose.
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