Par La Rédaction | ementor.net
Le ministre des Transports et des Affaires maritimes Amadou Koné a prononcé vendredi 24 juillet 2026 des sanctions conservatoires à l’encontre de la compagnie Diarra Transport. Cette décision intervient dans le sillage direct de l’accident survenu le 13 juillet 2026 sur l’axe Touba-Biankouma, dans l’ouest de la Côte d’Ivoire, qui avait fait 24 morts, 36 blessés et 9 disparus parmi les 69 personnes à bord de l’autocar assurant la liaison Odienné-Yamoussoukro. L’accident s’était produit au niveau du pont Bafing, à une cinquantaine de kilomètres de la ville de Touba, quand le véhicule avait fait une sortie de route avant de plonger dans le fleuve.
Les investigations menées par le Bureau Enquête et Analyse Accident ont mis en évidence plusieurs irrégularités graves. Le BEA a relevé des manquements dans le respect de la réglementation du transport public de voyageurs, notamment concernant la mise en circulation des véhicules et le suivi des contrôles techniques obligatoires. Ces conclusions, dont les détails n’ont pas été entièrement rendus publics pour ne pas compromettre la procédure judiciaire parallèle, suffisaient au ministre pour justifier des sanctions administratives immédiates sans attendre l’issue des poursuites pénales.
La suspension de la carte de transporteur de Diarra Transport est ordonnée avec effet immédiat. Tous les autocars de l’entreprise doivent être acheminés à Abidjan pour subir une expertise technique complète et un contrôle de leur conformité administrative par les services compétents du ministère. Avant toute reprise de ses activités, la société devra démontrer que l’ensemble de ses chauffeurs est titulaire du Certificat d’aptitude de conducteur routier, le CACR, document qui atteste de la formation professionnelle des conducteurs de transport en commun. Elle devra s’acquitter de toutes les amendes liées aux infractions constatées sur ses véhicules ainsi que des frais engagés à la suite de l’accident. Ces sanctions resteront applicables jusqu’au respect intégral de l’ensemble des exigences fixées.
La vitesse et la fermeté de cette réaction ministérielle contrastent avec la gestion habituelle des accidents de la route en Côte d’Ivoire, où les compagnies impliquées dans des drames mortels continuaient souvent à opérer pendant que les procédures judiciaires s’éternisaient. Ce contraste dit que l’accident de Touba-Biankouma a produit une réaction politique de niveau supérieur, directement liée à l’instruction du président Ouattara lors du Conseil national de sécurité du 23 juillet d’appliquer une tolérance zéro sur la sécurité routière après deux accidents mortels en moins de deux semaines sur les axes Niakara-Katiola et Touba-Biankouma.
La suspension de Diarra Transport pose une question légitime à laquelle le ministère devra répondre publiquement : ces irrégularités documentées par le BEA étaient-elles récentes ou existaient-elles avant le 13 juillet ? Si elles existaient avant l’accident, pourquoi les contrôles routiers réguliers ne les avaient-ils pas détectées ? La réponse à cette question dira si la suspension de Diarra Transport est une sanction juste contre un opérateur défaillant ou si elle est aussi un aveu implicite que le système de contrôle préventif du transport public ivoirien a lui-même failli. Les deux choses peuvent être vraies simultanément. Et la rigueur intellectuelle commande de les nommer toutes les deux.
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