Par AN | Lementor.net
Le Parti démocratique de Côte d’Ivoire s’est lancé dans ce que ses dirigeants appellent une dynamique de rapprochement. Derrière la formule policée se cache une réalité plus brutale : le parti le plus ancien de Côte d’Ivoire, celui qui a gouverné le pays pendant quarante années sous Félix Houphouët-Boigny et Henri Konan Bédié, est en train de se chercher une cohérence qu’il n’a plus vraiment depuis plusieurs années.
Les crispations internes qui ont marqué les derniers mois ont des sources multiples. La question du retour à Abidjan de Tidjane Thiam, président élu du parti mais toujours basé à l’étranger dans une situation juridique que ses proches qualifient d’incertaine, polarise les débats. Les uns estiment qu’un président de parti doit être sur le terrain, accessible, visible. Les autres plaident pour la prudence, estimant que les garanties judiciaires nécessaires n’ont pas encore été obtenues et qu’un retour prématuré pourrait être risqué. Entre ces deux positions, le dialogue interne s’est progressivement envenimé.
Des échanges sont aujourd’hui engagés entre responsables politiques pour tenter de renouer le fil. Plusieurs figures influentes du parti sont impliquées dans ces démarches de médiation. La volonté de compromis semble, pour l’instant, l’emporter sur la tentation de la rupture. Mais le PDCI a déjà connu des réconciliations de façade qui n’ont duré que le temps d’une déclaration commune. Ce qui distinguera cette tentative des précédentes, c’est la capacité du parti à produire des actes concrets : une feuille de route partagée, des positions communes sur les grands enjeux nationaux, et une présence militante sur le terrain que les récents scrutins ont sévèrement mis à l’épreuve.
L’échéance municipale de 2027 approche. Le PDCI qui arrive désuni dans cette compétition risque de sortir encore plus affaibli. Ses dirigeants le savent. C’est peut-être la meilleure raison pour laquelle ce rapprochement a des chances d’aboutir, au moins provisoirement.
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