Par La Rédaction | Lementor.net
Le porte-parole du gouvernement Amadou Coulibaly s’est exprimé sur le meurtre du livreur à moto Koné Mamadou, assassiné le 3 juillet 2026 à Cocody. Qualifiant les faits de vrai drame, il a insisté sur la rapidité de l’enquête ayant conduit à l’interpellation des présumés auteurs. C’est un vrai drame, l’assassinat de ce livreur, a déclaré le ministre. Avant d’ajouter : les assassins ont été pris en quelques jours. Notre police et notre gendarmerie sont organisées. C’est bien la preuve que des efforts ont été faits pour sécuriser notre pays. Il y a quelques années, on n’aurait jamais retrouvé les coupables.
Ces déclarations du porte-parole du gouvernement s’ajoutent à la visite du ministre des Transports Amadou Koné au domicile familial de Koné Mamadou à Abobo le 15 juillet, et au don de 60 millions FCFA de la Première dame Dominique Ouattara aux sinistrés de Koumassi Campement le 17 juillet. L’ensemble de ces gestes dit que la mort de Koné Mamadou a produit une onde de choc qui a traversé toutes les sphères de l’État.
Ce que dit la réaction d’Amadou Coulibaly mérite d’être analysée dans sa précision. Il ne parle pas de la mort de Koné Mamadou comme d’une priorité de sécurité publique à résoudre structurellement. Il en parle comme d’une démonstration de l’efficacité des forces de sécurité. L’angle de lecture est institutionnel et positif : les coupables ont été arrêtés rapidement, preuve que les forces de sécurité fonctionnent. Ce cadrage est politiquement compréhensible. Il est analytiquement insuffisant.
Parce que la vraie question que pose la mort de Koné Mamadou n’est pas si les forces de sécurité peuvent attraper des meurtriers après le fait. C’est si elles peuvent prévenir que des livreurs à moto soient ciblés et tués pour leur véhicule dans les rues d’Abidjan. Ces deux questions n’ont pas les mêmes réponses. La première appelle à la réactivité judiciaire. La seconde appelle à une stratégie préventive qui implique la sécurisation des zones identifiées comme dangereuses pour les livreurs, une coordination avec les plateformes de livraison sur les protocoles de sécurité, et une réflexion sur le statut légal et la protection sociale de dizaines de milliers de travailleurs de la mobilité urbaine dont Koné Mamadou était le symbole.
Quatre suspects ont été interpellés par la Brigade de recherche et d’intervention Nord selon le communiqué de la Direction générale de la Police nationale. Deux suspects présentés comme des receleurs ont permis de remonter jusqu’aux auteurs présumés directs de l’agression. La moto de la victime a été récupérée. Le dossier judiciaire avance. La justice doit maintenant faire son travail jusqu’au bout. Et l’État ivoirien doit décider si la mort de Koné Mamadou sera le point de départ d’une politique de protection des travailleurs de la mobilité urbaine, ou une parenthèse émotionnelle refermée après les condoléances ministérielles et les visites officielles.
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