Par la rédaction | Lementor.net
La session 2026 du Certificat d’études primaires élémentaires restera comme une édition de référence. Selon les statistiques officielles publiées par la Direction des examens et concours, 512 106 candidats ont été déclarés admis sur 597 171 présents aux épreuves, soit un taux de réussite national de 85,76 %. Sur les 609 633 élèves initialement inscrits, plus de huit sur dix repartent donc avec leur premier diplôme scolaire en poche, ouvrant la voie à leur entrée dans l’enseignement secondaire.
Ces chiffres ne sont pas simplement des statistiques. Ils représentent des centaines de milliers de familles ivoiriennes, dans les villes comme dans les villages les plus reculés, qui ont accompagné leurs enfants vers ce premier rite de passage scolaire. Pour beaucoup de ces élèves, le CEPE est bien plus qu’un bout de papier : c’est la première preuve tangible qu’ils peuvent réussir, que l’école leur appartient.
L’un des enseignements marquants de cette session est la confirmation d’une tendance désormais bien établie dans le système éducatif ivoirien : les filles font mieux que les garçons. Avec 257 976 admises sur 298 135 présentes, les élèves de sexe féminin affichent un taux de réussite de 86,53 %, contre 84,98 % pour leurs camarades masculins, soit 254 130 admis sur 299 036 présents. L’écart, modéré en apparence, est en réalité significatif par ce qu’il dit de l’évolution profonde des mentalités et des dynamiques scolaires. Les filles, longtemps sous-représentées dans les salles de classe ivoiriennes, non seulement rattrapent leur retard mais devancent aujourd’hui les garçons aux examens à grand tirage. C’est une victoire silencieuse, construite année après année, classe après classe.
La session 2026 s’est également distinguée par la poursuite de la campagne contre la fraude conduite par les autorités éducatives. Préserver la crédibilité d’un examen qui engage plus de six cent mille enfants n’est pas un détail administratif : c’est une condition de justice. Un diplôme ne vaut que si chacun sait qu’il a été obtenu à la force du travail. Les efforts en ce sens méritent d’être salués, car ils protègent autant les admis que la valeur même du certificat qu’ils reçoivent.
Premier examen officiel du parcours scolaire en Côte d’Ivoire, le CEPE occupe une place à part dans l’imaginaire collectif. Il est le premier rendez-vous de l’élève avec l’évaluation nationale, le premier moment où l’école cesse d’être un cadre familier pour devenir une arène. Les résultats de cette année témoignent d’un système qui, malgré ses fragilités connues, produit des résultats. Ils témoignent surtout du travail silencieux et quotidien des enseignants, de la persévérance des élèves et de l’engagement des familles qui, dans un contexte économique difficile pour beaucoup, continuent de faire de l’école une priorité.
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